La France va demander l'arrêt des négociations sur le TTIP

mardi 30 août 2016 13h44
 

PARIS (Reuters) - La France a annoncé mardi qu'elle allait demander l'arrêt des négociations entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur un projet de traité de libre-échange transatlantique, en raison d'un "déséquilibre évident" au profit des Américains.

"A la fin du mois de septembre, lorsque les ministres du Commerce extérieur se réuniront à Bratislava pour avoir un échange sur ce sujet comme sur d'autres, je demanderai au nom de la France l'arrêt des négociations sur le Tafta", a déclaré le secrétaire d'Etat au Commerce Matthias Fekl sur RMC.

Devant les ambassadeurs français réunis à Paris, François Hollande a précisé que la France ne pouvait pas approuver ce projet d'accord en l'état en raison d'un "déséquilibre évident".

"Les discussions, en ce moment-même, sur le traité entre l'Europe et les Etats-Unis (...) ne pourront pas aboutir à un accord d'ici la fin de l'année", a dit le chef de l'Etat.

"La négociation s'est enlisée, les positions n'ont pas été respectées, le déséquilibre est évident", a-t-il ajouté. "La France préfère regarder les choses en face et ne pas cultiver une illusion qui serait celle de conclure un accord avant la fin du mandat du président des Etats Unis."

Entamées en juillet 2013, ces négociations autour de ce projet de traité, connu sous les acronymes TTIP et Tafta, devaient à l'origine aboutir en 2015 et ouvrir la voie à la création d'un marché commun aux règles simplifiées grâce, notamment, à l'instauration de normes communes.

Mais ce projet se heurte à des nombreuses résistances. Ses détracteurs en France s'inquiètent en particulier d'un risque d'abaissement du niveau d'exigence des futures normes sanitaires et environnementales et redoutent les mécanismes de règlement des différends économiques.

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Manifestation à Bruxelles contre le TTIP (Tafta en anglais), le traité de libre-échange transatlantique. La France va demander l'arrêt des négociations entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur ce projet de traité, en raison, selon François Hollande, d'un "déséquilibre évident" au profit des Américains. /Photo d'archives/REUTERS/François Lenoir