La BCE devra augmenter ses achats si elle prolonge le QE

mardi 23 août 2016 16h45
 

par John Geddie et Francesco Canepa

LONDRES/FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) devra augmenter ses achats mensuels d'obligations souveraines si elle décide de prolonger le programme actuel au-delà de mars 2017, afin d'éviter que l'arrivée à échéance des titres qu'elle détient ne réduise son soutien au crédit et à la croissance.

JP Morgan estime à 320 milliards d'euros l'encours global des obligations qui arriveront à maturité entre 2017 et 2019 et devront être réinvesties si la BCE veut tenir ses engagements.

Ces achats supplémentaires pourraient accentuer les problèmes de liquidité déjà à l'origine de fluctuations inattendue des cours sur le marché obligataire. De plus, la BCE pourrait avoir du mal à trouver suffisamment de papier répondant à ses critères d'achat, notamment dans des pays comme l'Irlande et le Portugal.

La majeure partie des titres concernés sont des emprunts d'Etat que la BCE a commencé à acheter en mars 2015 dans le cadre de son programme dit d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing", QE).

Ces achats étaient initialement prévus jusqu'en mars 2017 mais aujourd'hui, de plus en plus d'observateurs s'attendent à ce qu'ils soient prolongés, peut-être dès la réunion de politique monétaire du 8 septembre, faute d'une remontée suffisante de l'inflation dans la zone euro.

Une porte-parole de la BCE a déclaré que tout remboursement du principal d'une obligation rachetée viendrait s'ajouter aux 80 milliards d'euros d'achats mensuels déjà en vigueur.

Ces réinvestissements permettraient à la banque centrale de maintenir le rythme de l'augmentation de son bilan, une approche qu'avait adoptée la Réserve fédérale en 2010 en annonçant un deuxième plan de QE.

Ne pas s'engager sur cette voie serait laisser entendre que la BCE est disposée à réduire l'utilisation de la planche à billets, au risque de prendre les marchés à contre-pied.   Suite...

 
La Banque centrale européenne (BCE) devra augmenter ses achats mensuels d'obligations souveraines si elle décide de prolonger le programme actuel au-delà de mars 2017, afin d'éviter que l'arrivée à échéance des titres qu'elle détient ne réduise son soutien au crédit et à la croissance. JP Morgan estime à 320 milliards d'euros l'encours global des obligations qui arriveront à maturité entre 2017 et 2019 et devront être réinvesties si la BCE veut tenir ses engagements. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski