L'Opep suscite de nouveau l'espoir malgré les obstacles

lundi 15 août 2016 14h49
 

par Rania El Gamal et Alex Lawler

DUBAI/LONDRES (Reuters) - L'Opep relancera sans doute le mois prochain les discussions sur un gel de sa production, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, semblant chercher à faire remonter les cours, a-t-on appris de plusieurs sources au sein de l'organisation, mais l'Iran, l'Irak et la Russie sont autant d'obstacles importants à un compromis.

Ryad a relancé les spéculations sur la possibilité d'un accord d'encadrement de la production jeudi dernier, le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, déclarant que son pays souhaitait travailler avec des pays membres ou non de l'Opep à une stabilisation du marché.

"Les propos du ministre saoudien de l'Energie constituent un signe positif de sa volonté d'aller vers un accord de gel de la production ; reste à savoir à quel niveau", a dit une source d'un pays du Moyen-Orient membre de l'Opep.

"Le gel se fera-t-il aux niveaux de janvier ? Qu'adviendra-t-il de l'Iran ? Et puis il y a le Nigeria, dont la production a beaucoup diminué depuis janvier", a ajouté cette source.

Côté russe, le ministre de l'Energie, Alexander Novak, a déclaré à un journal saoudien que son pays menait des consultations avec l'Arabie saoudite et d'autres producteurs, ajoutant que de nouvelles discussions sur un éventuel gel des niveaux de production restaient possibles en cas de besoin.

L'Arabie saoudite a augmenté sa production en juillet, à 10,67 millions de barils par jour (bpj) contre 10,2 millions en janvier.

Depuis 2014, le royaume, chef de file de fait de l'Opep en raison de son poids sur le marché mondial, a augmenté ses pompages dans le but d'exclure du marché des producteurs dont les coûts sont plus élevés, afin de regagner des parts de marché au détriment de pays comme les Etats-Unis, qui lui avaient taillé des croupières au cours des années précédentes.

Cette stratégie a fortement contribué à la chute du cours du baril de Brent, tombé à 27 dollars en janvier contre 115 dollars mi-2014. Ce mouvement a certes pénalisé les producteurs nord-américains, mais il a aussi plombé le budget saoudien.   Suite...

 
Plateforme d’extraction au Venezuela. L'Opep relancera sans doute le mois prochain les discussions sur un gel de sa production, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, semblant chercher à faire remonter les cours, a-t-on appris de plusieurs sources au sein de l'organisation, mais l'Iran, l'Irak et la Russie sont autant d'obstacles importants à un compromis. /Photo d'archives/REUTERS/Isaac Urrutia