La réputation de "raider" de Bolloré fait peur aux Berlusconi

vendredi 12 août 2016 16h39
 

par Mathieu Rosemain

PARIS (Reuters) - Quand Vincent Bolloré a changé son fusil d'épaule dans le rachat de la télévision payante de Mediaset et proposé de prendre une part significative de la maison mère elle-même, le marché a immédiatement pensé qu'il préparait un nouveau raid boursier.

La famille de Silvio Berlusconi aussi a soupçonné le président du conseil de surveillance de Vivendi de chercher à les priver du contrôle du groupe italien de médias.

"Sa réputation le précède et, effectivement, il leur a fait peur", confie-t-on de source proche des négociations.

Car le différend entre Vivendi et Mediaset rappelle à bien des égards la manière dont l'industriel français de 64 ans fait des affaires, estiment des observateurs.

Depuis trente-cinq ans, ses investissements perspicaces et ses prises de contrôle méthodiques l'ont fait passer de la petite papeterie familiale OCB à la présidence d'un conglomérat de 10,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires dont les activités vont du transport et la logistique aux solutions de stockage d'électricité, aux communications et aux médias.

La carrière de Vincent Bolloré est semée d'exemples de prises de participations minoritaires par lesquelles il est parvenu à contrôler des entreprises.

Le cas de Vivendi lui-même en est une illustration.

En 2014, il accède à la présidence du conseil de surveillance de Vivendi avec juste un peu plus de 5% du capital (15,3% actuellement). Depuis, il dirige le groupe comme s'il était à lui.   Suite...

 
Quand Vincent Bolloré a changé son fusil d'épaule dans le rachat de la télévision payante de Mediaset et proposé de prendre une part significative de la maison mère elle-même, le marché a pensé qu'il préparait un nouveau raid boursier. La famille de Silvio Berlusconi aussi a soupçonné le président du conseil de surveillance de Vivendi de chercher à les priver du contrôle du groupe italien de médias. "Sa réputation le précède et, effectivement, il leur a fait peur", confie-t-on de source proche des négociations. /Photo prise le 21 avril 2016/REUTERS/Charles Platiau