La BCE maintient ses taux, impact du Brexit encore à évaluer

jeudi 21 juillet 2016 16h57
 

par Balazs Koranyi et Francesco Canepa

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a laissé jeudi ses taux inchangés à des niveaux historiquement bas et s'est félicitée que la réaction des marchés au vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne, fin juin, ait été pour l'instant contenue.

Son président, Mario Draghi, a reconnu toutefois qu'il était trop tôt pour évaluer l'impact du "Brexit" et répété que la BCE était prête à aller plus loin si nécessaire pour soutenir la croissance et relancer l'inflation dans la zone euro.

"Les risques (pesant) sur l'économie de la zone euro restent orientés à la baisse", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse.

Sans surprise, la BCE n'a pas modifié son principal taux directeur, le "refi", qui reste à zéro, ni ses taux de facilité de prêt marginal et de facilité de dépôt calés en territoire négatif, à respectivement -0,25% et -0,4%, depuis le 10 mars.

Elle a dit une fois de plus s'attendre à ce que ces taux restent à leurs niveaux actuels ou plus bas sur une "période prolongée", bien au-delà de l'horizon fixé pour ses achats d'actifs, afin d'inciter les acteurs économiques à emprunter et les banques à leur prêter.

L'institution a réitéré aussi que son programme d'achats d'actifs d'un montant de 80 milliards d'euros par mois courrait jusqu'en mars 2017, voire au-delà si nécessaire, jusqu'à ce qu'elle observe un ajustement durable de l'évolution de l'inflation conforme à son objectif (près de 2% par an).

Ce programme, qui a pour but de faire baisser les coûts de financement de l'économie, risque d'être confronté à une pénurie d'actifs, à commencer par les obligations d'Etat allemandes dont les rendements sont tombés, pour de nombreuses échéances, sous le taux de facilité de dépôts de la BCE, un critère qui les rend inéligibles.

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La Banque centrale européenne (BCE) n'a pas modifié sa politique monétaire jeudi, comme attendu, à l'issue de la dernière réunion de son Conseil des gouverneurs avant la pause estivale. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski