July 20, 2016 / 6:17 PM / a year ago

Protectionnisme et Brexit seront au coeur des échanges au G20

5 MINUTES DE LECTURE

Le nouveau Chancelier de l'Echiquier Philip Hammond va faire ses débuts sur la scène internationale. Les retombées du Brexit et les craintes d'un regain de protectionnisme dans un monde dont la croissance économique patine figureront à l'ordre du jour de la réunion des grands argentiers du Groupe des Vingt (G20). /Photo prise le 14 juillet 2016/Carl Court/Pool

SHANGHAI (Reuters) - Les retombées du Brexit et les craintes d'un regain de protectionnisme dans un monde dont la croissance économique patine figureront à l'ordre du jour de la réunion des grands argentiers du Groupe des Vingt (G20).

Tenue samedi et dimanche à Chengdu, une ville du sud-ouest de la Chine, elle sera l'occasion pour le nouveau Chancelier de l'Echiquier Philip Hammond de faire ses débuts sur la scène internationale, après le référendum du 23 juin par lequel les Britanniques ont décidé de quitter l'Union européenne (UE), et d'expliquer comment Londres compte gérer cet événement.

Son homologue allemand Wolfgang Schäuble compte d'ailleurs le rencontrer personnellement en marge de la réunion, a fait savoir mercredi un haut fonctionnaire gouvernemental allemand.

L'Allemagne espère que cette réunion sera l'occasion de se pencher sur la création des conditions d'une croissance durable et d'un renforcement de la résistance des économies, a-t-il ajouté. "La question des réformes structurelles sera primordiale (...) Nous n'aurons pas de débat pour savoir s'il faut plus de stimulant ou pas", a-t-il déclaré.

Il est probable également que la campagne présidentielle de Donald Trump aux Etats-Unis, qui devrait être riche de rappels à l'ordre protectionnistes, sera l'une des préoccupations de cette rencontre des ministres des Finances et banquiers centraux du G20.

"(Pour ce qui concerne le Brexit), on s'attachera surtout au message que le G20 pourra délivrer pour apaiser les craintes", explique un responsable asiatique au fait des dossiers du G20. "Il nous faut rester vigilant".

Le Fonds monétaire international (FMI) a réduit cette semaine ses prévisions pour la croissance mondiale, évoquant en particulier le Brexit.

L'accumulation des risques pour la croissance économique mondiale sera également abordée par le G20, selon un haut fonctionnaire sud-coréen aux Finances.

"Il sera primordial de discuter d'un renforcement de la coopération sur les plans monétaire, budgétaire et macro-économique pour rétablir la croissance mondiale", a-t-il dit.

Prenant acte du mécontentement croissant des populations face à la mondialisation, un haut fonctionnaire du Trésor des Etats-Unis a observé que le G20 devait s'attacher à ce que ses avantages soient également répartis entre les citoyens.

"Nous devons également mieux expliquer en quoi la coopération est importante pour nos citoyens en termes d'emploi, de croissance économique et de stabilité", a déclaré ce haut fonctionnaire.

Moins D'inquietudes Sur La Chine

Au vu des réunions de la Banque centrale européenne (BCE) demain jeudi, et de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque du Japon (BoJ) la semaine prochaine, on peut penser que les changes et l'évolution des différentes politiques monétaires seront également examinés.

Pour la Chine, pays hôte, cette réunion sera sans doute moins tendue que celle qui s'était tenue à Shanghaï en février, lorsqu'elle avait dû apaiser ceux qui redoutaient qu'elle ne dévalue le yuan et relance une guerre des monnaies.

Cinq mois plus tard, le yuan a bel et bien baissé contre le dollar, tombant à 6,7 pour la première fois depuis la fin 2010, mais sans que cela fasse sourciller les autres grandes puissances économiques.

Frederic Neumann, co-directeur de la recherche économique en Asie de HSBC, ne pense pas que l'évolution du yuan soit quelque chose qui préoccupe fort le G20 à l'heure actuelle.

"Il semble que se dégage un consensus suivant lequel les Chinois ne tentent pas de gagner des parts de marché par le biais d'une dépréciation de la monnaie", dit-il.

Le G20 s'est engagé à éviter toute manipulation des taux de change et a promis en février que ses membres s'informeraient les uns les autres de toute décision susceptible de se traduire par une dépréciation monétaire.

La croissance économique de la Chine n'est plus non plus un sujet de grande inquiétude, même si elle n'a jamais été aussi basse depuis un quart de siècle.

"Nous parlerons aussi de la Chine mais le G20, pour l'essentiel, est convaincu que ce pays parviendra à atterrir en douceur", dit un délégué européen.

En revanche, la question de la réduction des capacités industrielles excédentaires ne sera pas oubliée, si l'on en croit le secrétaire au Trésor des Etats-Unis Jack Lew.

En échange, Pékin pourrait avoir ses propres interrogations à soumettre à Washington.

"La Chine pourrait aussi demander aux Etats-Unis de mieux guider les anticipations des marchés lorsqu'ils prennent des décisions de politique monétaire et celles-ci ne devraient pas seulement prendre en compte leur propre situation économique mais également celle du monde en général", note Zhang Yongjun, économiste du China Centre for International Economic Exchanges, un cercle de réflexion de Pékin.

John Ruwitch à Shanghaï, Tetsushi Kajimoto à Tokyo, Christine Kim à Séoul, Kevin Yao à Pékin, David Lawder à Washington, Michael Nienaber à Berlin, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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