Entré dans une nouvelle ère, le luxe contraint de se réformer

lundi 4 juillet 2016 10h19
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Entré dans une ère de croissance atone et d'extrême volatilité de sa clientèle, le luxe doit se réformer, quitte à devenir une industrie comme une autre.

Après des années fastes de croissance facile tirée par des ouvertures de magasins - à l'image de Gucci, propriété de Kering, qui en a ouvert près de 200 en cinq ans - l'industrie fait face à une nouvelle donne.

Les réseaux de ces grandes marques comme Louis Vuitton sont arrivés à maturité et la croissance du secteur, tombée à 1,5% en 2015 - son plus faible niveau depuis 2008 - ne devrait guère s'accélérer au cours des prochaines années, selon les estimations du cabinet Bain.

Dans ce contexte, les marques n'ont pas d'autre choix que de prendre des parts de marché à leurs concurrents et d'accroître la productivité des magasins en dopant les ventes au m2.

Pour y parvenir, elles doivent batailler, comme les autres industries, à force d'assortiment approprié, de meilleur service et de produits capables de répondre aux aspirations d'une clientèle devenue ultra-connectée et peu fidèle.

"Après avoir été d'une arrogance extrême, liée à une demande qui excédait l'offre, le luxe doit faire preuve d'humilité. Il prend conscience de la nécessité d'être à l'écoute de ses clients", relève un expert du secteur.

Du côté de l'assortiment, "il faut que l'offre soit hyper segmentée, car le luxe fonctionne sur l'illusion de la rareté", commente Erwan Rambourg, analyste de HSBC.

L'entrée de gamme qui permet d'assurer les volumes, comme la petite maroquinerie monogrammée Vuitton ou les foulards Hermès, est cruciale car "le marché est fait par les classes moyennes montantes", souligne Luca Solca chez Exane BNP Paribas.   Suite...

 
Entré dans une ère de croissance atone et d'extrême volatilité de sa clientèle, le luxe doit se réformer, quitte à devenir une industrie comme une autre. Après des années fastes de croissance facile tirée par des ouvertures de magasins, les réseaux de des grandes marques comme sont arrivés à maturité et la croissance du secteur, tombée à 1,5% en 2015 - son plus faible niveau depuis 2008 - ne devrait guère s'accélérer au cours des prochaines années, selon les estimations du cabinet Bain. /Photo d'archives/REUTERS/David Gray