Janaillac entre paix sociale et réformes urgentes chez AF-KLM

lundi 4 juillet 2016 09h15
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Dès son arrivée à la tête d'Air France-KLM ce lundi, Jean-Marc Janaillac va devoir éviter de nouvelles grèves chez Air France tout en continuant à réduire les coûts dans un contexte de baisse des recettes et de remontée des cours du pétrole, estiment des analystes et des observateurs.

L'ex-patron du spécialiste du transport multimodal Transdev fera ses premiers pas sous l'oeil attentif de l'Etat français, actionnaire à 17,6%, juste après la grève de quatre jours des pilotes en juin au tout début de l'Euro de football en France.

"Il est pris entre le marteau et l'enclume d'une pression des syndicats qui ne va sans doute pas se ralentir et la nécessité de faire progresser la productivité d'Air France", résume un analyste.

Avant même d'être nommé, le successeur d'Alexandre de Juniac a évité de justesse une deuxième grève de quatre jours des pilotes, en proposant à leurs syndicats une trêve jusqu'au 1er novembre en échange du gel des nouvelles mesures qui les avaient conduits à cesser le travail.

"Un bon accord avec les pilotes d'Air France, c'est un accord qui permet d'arriver à une situation où il n'y a plus de grèves mais où la compagnie poursuit les améliorations de productivité dont elle a désespérément besoin", estime Gerald Khoo, analyste chez Liberum.

Outre l'épée de Damoclès d'un conflit en suspens avec les pilotes, Jean-Marc Janaillac devra en outre désamorcer, dès son arrivée, le préavis de grève de sept jours reconductible lancé par les syndicats d'hôtesses et stewards SNPNC et Unsa du 27 juillet au 2 août, en plein chassé-croisé estival.

Le PDG d'Air France Frédéric Gagey et le directeur des ressources humaines, Gilles Gateau, ex-directeur de cabinet de Manuel Valls arrivé début janvier, ont proposé vendredi au SNPNC et à l'Unsa un nouvel accord collectif ne remettant pas fondamentalement en cause leurs conditions de travail.

Pour éviter de nouveaux conflits à moins d'un an de la présidentielle, Jean-Marc Janaillac va devoir appliquer chez Air France son "management interne très apprécié des personnels" de Transdev, comme l'a qualifié dans une déclaration transmise à Reuters Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des dépôts, coactionnaire du groupe avec Veolia.   Suite...

 
Dès son arrivée à la tête d'Air France-KLM ce lundi, Jean-Marc Janaillac va devoir éviter de nouvelles grèves chez Air France tout en continuant à réduire les coûts dans un contexte de baisse des recettes et de remontée des cours du pétrole, estiment des analystes et des observateurs. /Photo prise le 1er mai 2016/REUTERS/Gonzalo Fuentes