30 juin 2016 / 10:37 / dans un an

Jean-Pierre Mustier nommé à la tête d'UniCredit

UniCredit, première banque d'Italie par les actifs, a nommé jeudi le Français Jean-Pierre Mustier au poste d'administrateur délégué, selon deux sources informées de la décision. Le banquier français a précédemment dirigé les activités de banque d'investissement chez Société Générale et UniCredit. /Phtoo prise le 8 février 2016/REUTERS/Stefano Rellandini

MILAN (Reuters) - UniCredit, première banque d‘Italie par l‘actif, a nommé jeudi le Français Jean-Pierre Mustier au poste d‘administrateur délégué, un choix qui pourrait rapidement conduire ce spécialiste de la banque d‘investissement à lancer une augmentation de capital de plusieurs milliards d‘euros ainsi que des cessions d‘actifs afin de renforcer le bilan.

Lors d‘une réunion extraordinaire jeudi, le conseil d‘administration d‘UniCredit a choisi à l‘unanimité de désigner Jean-Pierre Mustier, mettant fin a la période d‘incertitude ouverte le mois dernier par la démission de Federico Ghizzoni de la tête du groupe.

Jean-Pierre Mustier, 55 ans, avait précédemment dirigé les activités de banque d‘investissement chez Société Générale et UniCredit, et est actuellement associé de la société de gestion Tikehau Capital.

Le banquier français prend les rênes d‘un groupe qui a vu sa valeur boursière chuter de plus de 60% depuis le début de l‘année, victime des inquiétudes des investisseurs sur sa rentabilité, sur le poids des créances douteuses dans son portefeuille et face à un bilan plus faible que ceux de ses grands rivaux européens.

Ghizzoni avait accepté de passer la main le 24 mai face au mécontentement croissant de certains actionnaires au vu des piètres performances de la banque.

Dans une déclaration rendue publique par UniCredit, Jean-Pierre Mustier, qui prendra ses fonctions le 12 juillet, a déclaré qu‘il élaborerait un nouveau plan stratégique dans le but de renforcer le bilan et les profits du groupe.

Il prévoit d‘amener avec lui une nouvelle équipe de banquiers italiens pour l‘épauler dans la restructuration de la banque, avec comme objectif de porter le ratio de fonds propres à 12,5% contre 10,5% actuellement, a dit une source au fait de ses projets.

Il pourrait envisager le lancement d‘une augmentation de capital et la cession de certaines activités comme la banque en ligne italienne Fineco, la filiale polonaise Pekao et le gestionnaire d‘actifs Pioneer mais pas la filiale allemande d‘UniCredit, HVB, a dit la source. Une cession des activités en Turquie ne figurerait pas non plus parmi les priorités, a-t-elle ajouté.

INQUIÉTUDES POUR L‘ENSEMBLE DU SECTEUR

A la Bourse de Milan, l‘action UniCredit a fini la journée en hausse de 2,28% à 1,97 euro alors que l‘indice des valeurs bancaires européennes affichait une progression de 0,18%.

Jean-Pierre Mustier avait rejoint une première fois UniCredit pour diriger sa banque d‘investissement en 2011, près de deux ans après avoir quitté la Société Générale. Il dirigeait la banque d‘investissement de l‘établissement français en janvier 2008, lorsque celui-ci avait publié une perte de 4,9 milliards d‘euros qui avait été imputée à des prises de positions non autorisées du trader Jérôme Kerviel.

Jean-Pierre Mustier avait quitté la Société générale en 2009 après que l‘Autorité des marchés financiers (AMF) lui eut infligé une amende de 100.000 euros. Il a toujours démenti avoir commis la moindre faute.

Le gouvernement italien, des représentants de la Banque d‘Italie, les actionnaires et les créanciers obligataires avaient appelé UniCredit à désigner rapidement un nouvel administrateur délégué au vu des turbulences sur les marchés financiers.

De manière générale, le secteur bancaire italien est perçu comme fragile en raison du poids des créances douteuses dans ses bilans, qui s‘élèvent à 360 milliards d‘euros.

Rome travaille actuellement à l‘élaboration d‘un plan de soutien aux banques afin de prévenir des mouvements massifs de vente des valeurs bancaires en Bourse et de retraits des dépôts aux guichets.

La Commission européenne a autorisé pour six mois un mécanisme de garanties publiques afin d‘assurer la fourniture de liquidités aux banques solvables qui en auraient besoin, a déclaré jeudi une porte-parole de l‘exécutif communautaire.

Une source gouvernementale a dit par ailleurs que l‘Etat italien pourrait devoir apporter des capitaux frais à certains établissements une fois connus les résultats des tests de résistance des autorités bancaires européennes.

avec Pamela Barbaglia et Maya Nikolaeva; Bertrand Boucey et Juliette Rouillon et Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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