Avec le Brexit, le marché du M&A entre en zone de turbulences

jeudi 30 juin 2016 16h41
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Au Royaume-Uni, les urnes ont rendu leur verdict. Le camp du Brexit l'a emporté et la bourrasque qui s'est ensuite abattue sur les marchés financiers le lendemain du référendum risque fort de plomber un marché des fusions et acquisitions (M&A) tout juste remis de la crise financière.

Cette victoire du Brexit ouvre une période de grande incertitude qui pourrait bien dissuader les entreprises de s'engager dans de grandes manoeuvres de M&A dans un contexte de regain de volatilité sur les marchés.

Tous les regards sont braqués sur le projet de fusion entre le London Stock Exchange (LSE) et Deutsche Börse. Pour l'heure, les opérateurs boursiers britannique et allemand ont dit qu'ils maintenaient leur projet mais en Allemagne, les régulateurs commencent à douter de la fusion.

La BaFin, le gendarme allemand des marchés financiers, s'est déjà opposé ce que Londres devienne le siège du futur ensemble.

Quelle que soit l'issue de ce rapprochement, les banquiers d'affaires s'attendent à ce que le Brexit ralentisse l'activité de M&A, outre-Manche bien sûr, mais également en Europe continentale.

Avant même la tenue du référendum, l'activité de M&A en Grande-Bretagne s'est effondrée pour ne représenter que 4% du volume mondial des fusions-acquisitions, soit son plus bas niveau depuis 1980, selon les données Thomson Reuters en date du 16 juin.

"Post-Brexit et à quelques mois de l'élection présidentielle en France, des incertitudes encore accrues, des marchés durablement volatils et de moindres liquidités pourraient impacter négativement le pipeline 2017", déclare Alexandre Courbon, responsable du M&A pour la France chez Société générale CIB.

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La victoire du Brexit ouvre une période de grande incertitude qui pourrait bien dissuader les entreprises de s'engager dans de grandes manoeuvres de M&A (fusions et acquisitions) dans un contexte de regain de volatilité sur les marchés. Avant même la tenue du référendum, l'activité de M&A en Grande-Bretagne s'est effondrée pour ne représenter que 4% du volume mondial des fusions-acquisitions, soit son plus bas niveau depuis 1980, selon les données Thomson Reuters en date du 16 juin. /Photo prise le 24 juin 2016/REUTERS/Ralph Orlowski