26 juin 2016 / 12:52 / il y a un an

La BRI prône des mesures d'urgence face à un trio de risques

Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), il est urgent d'engager un rééquilibrage des politiques économiques mondiales. L'organe international de coordination des grandes banques centrales évoque dimanche, à l'occasion de son assemblée générale annuelle à Zurich, le "trio de risques" que constituent un endettement élevé, une faible croissance de la productivité et un manque de marges de manoeuvre des banques centrales. /Photo d'archives/Arnd Wiegmann

LONDRES (Reuters) - Il est urgent d'engager un rééquilibrage des politiques économiques mondiales, a estimé dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI) en évoquant le "trio de risques" que constituent un endettement élevé, une faible croissance de la productivité et un manque de marges de manoeuvre des banques centrales.

A l'occasion de son assemblée générale annuelle à Zurich, la BRI, organe international de coordination des grandes banques centrales, souligne ainsi les menaces auxquelles était exposée l'économie mondiale avant même le vote de jeudi en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"Des évolutions préoccupantes - un trio de risques - rendent l'économie mondiale très vulnérable et appellent à la vigilance: une croissance de la productivité anormalement molle, faisant planer un doute sur une amélioration future des niveaux de vie; une dette mondiale historiquement élevée, soulevant des risques pour la stabilité financière; et une marge de manœuvre extrêmement réduite pour l'action des pouvoirs publics", a déclaré Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de l'organisation.

L'économie mondiale, a-t-il ajouté, ne peut plus se permettre de compter sur un modèle de croissance alimenté par la dette, qui l'a mené à la situation actuelle.

En dépit de taux d'intérêt négatifs et de milliers de milliards de dollars de mesures de soutien, les banques centrales d'Europe et du Japon peine à faire repartir l'inflation et la croissance. Les marchés se sont accoutumés à ce soutien mais s'inquiètent désormais de voir les moyens d'actions proches de l'épuisement.

"Si cette situation devait se prolonger au point de saper la confiance de l'opinion publique dans les politiques menées, les conséquences pour les marchés financiers et l'économie pourraient être graves", a souligné Claudio Borio.

De son côté, le directeur général de la BRI, Jaime Caruana, a exprimé sa confiance dans la capacité des grandes centrales à limiter les turbulences provoquées sur les marchés par le résultat du référendum britannique sur l'UE.

"LIMITER LES INCERTITUDES" LIÉES AU BREXIT

"Il est probable qu'une période d'incertitude et d'ajustement nous attend. Le Royaume-Uni est étroitement intégré à l'économie mondiale, et il héberge l'une des premières places financières au monde. Une bonne coopération à l'échelle mondiale permettra, j'en suis sûr, de limiter les incertitudes et de

procéder aux nécessaires ajustements aussi bien que possible", a-t-il dit.

Dans une référence implicite à la Réserve fédérale américaine, le rapport de la BRI explique que les responsables des politiques monétaires doivent donner la priorité au relèvement des taux lorsqu'ils en ont l'occasion afin de retrouver des marges de manoeuvre en matière d'assouplissement lors de la prochaine crise.

"C'est là un point particulièrement important pour les grandes juridictions émettrices de monnaies internationales, car elles donnent le ton de la politique monétaire pour le reste du monde", souligne le document.

Plus largement, la BRI plaide pour une évolution globale des politiques budgétaires et monétaires afin de leur donner les moyens de faire face à des successions de booms financiers et de crises.

"Il est urgent de rééquilibrer les politiques publiques pour s'orienter vers une expansion plus robuste et durable", dit son rapport. "Il est essentiel de soulager la politique monétaire, qui supporte, depuis beaucoup trop longtemps, une part excessive du fardeau."

"Le monde a grandement besoin de politiques qu'il ne regrettera pas d'avoir adoptées, le jour où demain arrivera."

Concernant l'Europe, le rapport appelle les pays touchés par la crise à réformer leur système bancaire, si besoin par le biais d'une diminution des dividendes, d'injections de capitaux publics et de fusions permettant de réduire les surcapacités.

Les statistiques de la BRI sur les réserves de change, considérées comme les plus précises du monde, montrent par ailleurs une diminution globale de 668 milliards de dollars (602 milliards d'euros) de ces réserves l'an dernier, dont 513 milliards pour la Chine.

Les pays du Moyen-Orient ont réduit leurs réserves de 140 milliards de dollars, conséquence de la chute des cours du pétrole.

avec François Murphy à Vienne; Marc Angrand pour le service français

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