La filière automobile commence à évaluer les dégâts du Brexit

vendredi 24 juin 2016 17h24
 

par Laurence Frost et Edward Taylor

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Les constructeurs automobiles, qui avaient été parmi les premiers à se mobiliser pour un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, ont commencé vendredi à évaluer les dégâts que le Brexit menace de causer à leur activité.

Si elles n'ont pas autant chuté que les financières, les valeurs automobiles européennes ont trébuché de 8,8%, emmenées par les françaises PSA (-16%) et Renault (-14%).

PSA, quatrième constructeur en Grande-Bretagne avec une part de marché de 8,5%, est considéré comme le plus vulnérable à une chute de la livre sterling, faute de production locale. Le constructeur a indiqué qu'il serait probablement contraint d'augmenter ses tarifs, au prix de la compétitivité de ses modèles sur un marché qui risque d'être freiné par le Brexit.

"Les équipes étudient différents scénarios de réajustement des tarifs de ventes des modèles de nos marques pour réagir vite aux réactions des marchés", a déclaré un porte-parole, avant d'ajouter : "Il est trop tôt pour en mesurer l'impact réel."

Avant même l'issue du référendum, plusieurs constructeurs avaient exhorté les responsables politiques à préserver une zone de libre échange entre le Royaume-Uni et l'UE en cas de Brexit.

"De nombreuses questions vont se poser quant à savoir si l'on continue à investir au Royaume-Uni pour l'Europe si le Royaume-Uni sort d'Europe", a déclaré la semaine dernière sur CNBC Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan.

Nissan est l'un des constructeurs asiatiques les plus exposés à long terme car son usine géante de Sunderland, en Grande-Bretagne, alimente toute l'Europe.

Jaguar Land Rover, le principal constructeur britannique avec 25.000 emplois, a tenté de rétablir un certain calme vendredi en assurant que "rien ne changera pour nous, ou pour l'industrie automobile, du jour au lendemain". Mais des sources citant des documents internes ont déclaré la semaine dernière que la filiale de l'indien Tata estime qu'un Brexit amputera son bénéfice annuel d'un milliard de livres en quelques années.   Suite...

 
Les constructeurs automobiles, qui avaient été parmi les premiers à se mobiliser pour un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, ont commencé vendredi à évaluer les dégâts que le Brexit menace de causer à leur activité /Photo d'archives//REUTERS/Phil Noble