Le Brexit n'entamera pas la reprise en France, mais après ?

vendredi 24 juin 2016 17h02
 

par Myriam Rivet

PARIS (Reuters) - La victoire du "Brexit" au référendum britannique ne devrait pas enrayer la reprise de l'économie française dans l'immédiat mais, à terme, celle-ci en pâtira forcément, estiment des économistes interrogés par Reuters.

Les Britanniques ont choisi de sortir de l'Union européenne lors du référendum de jeudi, à l'encontre des attentes des marchés financiers et de la plupart des analystes.

Les marchés financiers, premier canal de transmission de l'onde de choc, ont eu "une réaction épidermique" vendredi. Mais pour que ces turbulences exercent un impact significatif sur la confiance des entreprises et des ménages français, donc sur l'investissement et la consommation - et finalement la croissance - il faut non seulement que la chute soit forte mais aussi qu'elle dure longtemps, explique Julien Marcilly, économiste en chef de l'assureur crédit Coface.

Selon lui, cette hypothèse semble exclue, d'autant plus que les banques centrales, en premier lieu la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE), se sont déjà déclarées armées pour soulager les tensions.

"Si les marchés ne chutent que modérément, ce qui est le plus probable à ce stade (...) on ne s'attend pas à voir d'effet très négatif sur la croissance à court terme", souligne-t-il.

Un avis partagé par François Letondu, économiste chez Société générale. "En l'absence de contagion financière trop importante, il va y avoir un choc négatif sur la croissance française cette année mais il ne devrait pas être de nature à vraiment casser la dynamique de la reprise française, qui paraît suffisamment solide et tirée par des facteurs domestiques - la consommation des ménages en particulier - pour pouvoir continuer dans les prochains mois."

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La victoire du "Brexit" au référendum britannique ne devrait pas enrayer la reprise de l'économie française dans l'immédiat mais, à terme, celle-ci en pâtira forcément, estiment des économistes interrogés par Reuters. /photo prise le 3 mlars 2016/REUTERS/Philippe Wojazer