Veillée d'armes avant un possible "Vendredi Noir" des marchés

jeudi 23 juin 2016 15h53
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Le secteur financier européen s'est mis en ordre de bataille jeudi pour faire face à la panique qui pourrait s'emparer des marchés si les Britanniques choisissaient de quitter l'Union européenne.

En cas de Brexit, la livre chuterait encore plus lourdement que lors du "Mercredi Noir" du 16 septembre 1992, où la monnaie britannique avait dû sortir de force du mécanisme de change européen, estime par exemple le milliardaire George Soros.

Les premiers résultats du référendum sont attendus, circonscription par circonscription, à partir de minuit, ouvrant une période d'incertitude de plusieurs heures propice à de violents mouvements sur les marchés des changes, particulièrement sur la livre sterling.

Si les derniers sondages donnent les camps du "leave" et "remain" au coude à coude, les opérateurs de marchés ont effectué des arbitrages qui démontrent, avec notamment un renchérissement de la livre par rapport au dollar, une anticipation d'un maintien dans l'UE.

Pour Saxo Banque la situation n'en reste pas moins très dangereuse.

"Un retour dans le rouge des marchés est possible à tout moment, à la faveur de la publication de sondages défavorables au camp du maintien dans l’Union", écrivait mercredi dans une note l'intermédiaire qui a, comme nombre de ses pairs, relevé le niveau des dépôts de garantie exigés à ses clients.

"S'il y a bien un moment de l’année où il ne faut pas être présent sur le marché, c’est celui-là car les risques sont trop élevés", estime Saxo Banque, qui appelle les investisseurs à la prudence.

Signe de la nervosité, ETF Securities, spécialisé dans les produits indiciels cotés, a annoncé mercredi un record de collecte pour des instruments financiers servant à se protéger contre une baisse de la livre.   Suite...

 
Le secteur financier européen se met en ordre de bataille jeudi pour faire face à la panique qui pourrait s'emparer des marchés financiers si les Britanniques choisissaient de quitter l'Union européenne. /Photo prise le 13 juin 2016/REUTERS/Issei Kato