Les pays clients de l'A400M s'impatientent face aux retards

vendredi 10 juin 2016 12h54
 

par Tim Hepher et Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Plusieurs pays européens, dont la France, exercent une pression accrue sur Airbus Group afin que les performances et le calendrier de livraison de l'avion de transport militaire A400M satisfassent enfin leurs exigences après des retards à répétition, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Après plusieurs années de dépassements de coûts liés à des difficultés techniques, le plus gros programme militaire européen a replongé dans une phase d'incertitudes à cause de problèmes de moteur attribués à un sous-traitant italien, ce qui pourrait inciter les pays clients à réclamer des indemnités.

La France a écrit à Airbus Group pour lui demander de lui préciser clairement si les nouveaux problèmes de l'A400M seraient réglés cette année mais le groupe européen n'a pas été en mesure de s'y engager, a-t-on précisé de mêmes sources.

Face à des besoins urgents en Afrique subsaharienne et en Irak, Paris se plaint de problèmes majeurs susceptibles de gêner ses interventions militaires, comme des défauts sur la boîte de transmission qui nécessitent des inspections des avions au bout de 20 heures en vol.

Les systèmes de protection des A400M en cas d'attaque sont incomplets et les capacités de parachutage de troupes plus limitées que prévu, a également constaté Paris.

Prié de dire si Airbus Group était parvenu à fournir à la France et ses autres clients plus de visibilité sur la résolution de ces problèmes, une source proche du dossier a répondu :

"Non, pas à cette heure-ci et en particulier pas dans les délais, c'est-à-dire à la fin de cette année".

Le ministère de la Défense n'a pas souhaité faire de commentaire.   Suite...

 
Plusieurs pays européens, dont la France, exercent une pression accrue sur Airbus Group afin que les performances et le calendrier de livraison de l'avion de transport militaire A400M satisfassent enfin leurs exigences après des retards à répétition, /Photo prise le 25 mai 2016/REUTERS/Fabrizio Bensch