Pression sur les marges dans la maintenance d'Air France-KLM

vendredi 10 juin 2016 13h36
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Air France-KLM fait face à une pression accrue sur ses marges dans la maintenance, son plus solide relais de croissance, les constructeurs aéronautiques et les motoristes cherchant eux aussi à récupérer cette activité lucrative, a déclaré à Reuters le responsable de ce pôle.

Le groupe franco-néerlandais, qui réalise plus du tiers du chiffre d'affaires pour le compte d'autres compagnies aériennes, doit en outre compter avec la consolidation du secteur qui donne naissance à des clients au pouvoir de négociation de plus en plus fort, ce qui pèse également sur ses tarifs, a souligné Franck Terner.

"Les contrats sont constamment plus gros: on signe pour 100 ou 200 avions, c'était moins auparavant", a-t-il expliqué. "Et on voit émerger une concurrence très vive de la part des constructeurs et des motoristes qui cherchent à capturer des parts de marché."

Le pôle de maintenance, de réparation et d'entretien d'avions d'Air France-KLM, numéro deux mondial derrière l'allemande Lufthansa, a vu son chiffre d'affaires progresser de 18,3% à 4,012 milliards d'euros en 2015, grâce à un bond de 26,1% avec ses clients externes, alors même que les ventes de l'ensemble du groupe ont baissé de 2,6%.

Mais sa marge d'exploitation n'a progressé que de 0,2 point à 5,2% l'an passé, contre une hausse de 3,6 points pour l'ensemble, qui a réussi à sortir du rouge sur l'exercice.

Air France-KLM réalise trois types de tâches : le support des équipements des avions, la maintenance et les contrôles approfondis des avions, ainsi que les aménagements de cabines.

Dans les moteurs et les pièces détachées, le groupe réalise déjà plus de deux tiers de son chiffre d'affaires pour des clients externes et ce sont les segments les plus rentables car nécessitant moins d'heures de main-d'oeuvre que les structures d'avions.

"Il y aura une concurrence féroce entre les compagnies qui ont gardé des activités de maintenance et qui considèrent, comme Air France-KLM, que c'est une source de croissance pour le futur, et les constructeurs qui y voient une manne de rentabilité récurrente", souligne de son côté Pascal Pincemin, associé au sein du cabinet de consultants Deloitte."C'est un danger (...) : il y a des acteurs très puissants qui se disent prêts à investir pour prendre le marché de la maintenance", ajoute-t-il.   Suite...

 
Air France-KLM fait face à une pression accrue sur ses marges dans la maintenance, son plus solide relais de croissance, les constructeurs aéronautiques et les motoristes cherchant eux aussi à récupérer cette activité lucrative, a déclaré à Reuters le responsable de ce pôle, Franck Terner. /Photo prise le 31 mai 2016/REUTERS/Philippe Wojazer