"Brexit" ou pas, Paris veut se poser en alternative à la City

mercredi 8 juin 2016 15h34
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - "Brexit" ou pas, la place financière de Paris doit se mettre en ordre de bataille pour concurrencer la City, qui sortira affaiblie du référendum sur le maintien du Royaume-uni dans l'Union européenne, estiment financiers, dirigeants d'entreprise et responsables politiques français.

"Ce référendum conduit aujourd'hui les grandes entreprises internationales à Londres, à New York, à s'interroger sur le possible rééquilibrage de leurs activités et de leurs implantations vers l'Europe continentale, et cela, quel que soit le résultat (du référendum)", a déclaré Gérard Mestrallet, président de l'énergéticien Engie et de Paris Europlace, l'organe de promotion de la place financière de Paris.

Réunis mercredi au siège de l'opérateur boursier Euronext dans le quartier des affaires de la Défense, de nombreux acteurs publics et privés du secteur financier français ont lancé une opération de promotion de la place de Paris à deux semaines du référendum britannique.

Si tous les orateurs, sans exception, ont appelé de leurs voeux le maintien du Royaume-uni dans l'UE, ils ont aussi souvent estimé que le statu-quo, très favorable à la City en termes de répartition des activités financières dans l'UE, ne pourrait plus durer, "Brexit" ou pas.

"Le 23 juin va changer de toutes façons l'Histoire de l'Europe", a ainsi prévenu l'ancien président du conseil italien Enrico Letta.

Pour ce dernier, enseignant à Sciences Po Paris et doyen de l'Ecole des affaires internationales, la construction européenne devra évoluer vers un noyau dur renforcé autour de la zone euro et un deuxième cercle de pays, ayant renoncé à l'objectif d'une "union sans cesse plus étroite."

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"Brexit" ou pas, la place financière de Paris doit se mettre en ordre de bataille pour concurrencer la City, qui sortira affaiblie du référendum sur le maintien du Royaume-uni dans l'Union européenne, estiment financiers, dirigeants d'entreprise et responsables politiques français. /Photo prise le 13 février 2016/REUTERS/Hannah McKay