L'Etat a peu de marges d'action pour aider AccorHotels

mardi 7 juin 2016 16h45
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le risque d'un passage d'AccorHotels sous pavillon chinois inquiète au plus haut point le gouvernement français, confronté depuis deux ans à une hémorragie de départs de grands groupes, mais ses marges de manoeuvre tant politiques que financières semblent limitées, voire inexistantes.

François Hollande s'est lui-même déclaré "très attentif à ce que le capital de ce grand groupe à taille mondiale reste diversifié".

"Nous devons veiller à ne pas perdre les centres de décision", a ajouté le chef de l'Etat à propos des visées du groupe chinois Jin Jiang sur Accor, dont il est le premier actionnaire.

Pour l'économiste Elie Cohen, "on peut comprendre qu'il y ait une espèce de sentiment de panique" chez les pouvoirs publics avec cette affaire.

"Jusqu'à présent, le discours dominant était de dire que la France possède plus de grands groupes que ses voisins européens, allemands, italiens et espagnols, et qu'elle est le pays des grandes firmes à défaut d'être celui des PME dynamiques."

"Or, ce à quoi on assiste depuis deux ans maintenant, c'est à une hémorragie accélérée de grandes entreprises françaises, soit des disparitions pures et simples, soit des départs à l'étranger", explique cet économiste classé à gauche.

Alcatel et Alstom, les deux fleurons de l'ancienne Cie générale d'électricité, ont été absorbés par le finlandais Nokia et l'américain GE, Lafarge s'est allié au suisse Holcim et Technip vient d'annoncer son mariage avec l'américain FMC Technologies et son déménagement à Londres.

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Le risque d'un passage d'AccorHotels sous pavillon chinois inquiète au plus haut point le gouvernement français, confronté depuis deux ans à une hémorragie de départs de grands groupes, mais ses marges de manoeuvre tant politiques que financières semblent limitées, voire inexistantes. /Photo prise le 22 avril 2016/REUTERS/Gonzalo Fuentes