Bercy aura son mot à dire sur la vente de Leroy Somer

vendredi 3 juin 2016 21h32
 

par Gilles Guillaume et Arno Schuetze

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Le gouvernement français aura sans doute son mot à dire sur le choix du repreneur de Leroy Somer, le fabricant français de moteurs électriques mis en vente par Emerson et pour lequel le groupe américain préfère pour l'heure une solution asiatique, a appris Reuters de plusieurs sources proches du dossier.

La division moteurs d'Emerson, mise en vente fin avril, inclut le britannique Control Techniques, spécialiste des systèmes d'entraînement pour l'industrie minière, les grues ou l'imprimerie, mais surtout Leroy Somer, leader mondial des alternateurs industriels et systèmes d'entraînement, basé à Angoulême (Charente).

Or le groupe français, racheté par Emerson en 1990, fournit des moteurs électriques à l'E-Mehari, la voiture électrique fabriquée par PSA à Rennes avec des batteries du groupe Bolloré, mais aussi à des navires et des sous-marins de l'armée française.

"Du fait du champ d'activité de Leroy Somer, la loi sur les investissements étrangers semble un passage obligé", a déclaré une des sources.

Si le repreneur n'est pas français, le ministère de l'Economie devra donc donner son feu vert et pourra exiger des engagements sur la fiabilité des approvisionnements et sur le maintien d'une partie des capacités industrielles du groupe en France.

L'histoire de Leroy-Somer, fondé par Marcellin Leroy, remonte à 1919. La société comptait fin 2015 quelque 29 sites, dont 16 sur le sol français, et employait 7.900 personnes, dont plus de 3.000 dans l'Hexagone.

La mise en vente intervient sur fond de craintes d'une restructuration de l'entreprise, qu'un responsable de la CFDT devait exposer vendredi à un conseiller du ministère de l'Economie.

Selon des sources proches du dossier, les offres devraient valoriser la division à cinq/huit fois l'Ebitda, soit jusqu'à 800 millions de dollars (environ 700 millions d'euros).   Suite...

 
Le gouvernement français aura sans doute son mot à dire sur le choix du repreneur de Leroy Somer, le fabricant français de moteurs électriques mis en vente par Emerson et pour lequel le groupe américain préfère pour l'heure une solution asiatique, selon plusieurs sources proches du dossier. /Photo d'archives/REUTERS/Mike Cassese