31 mai 2016 / 15:58 / dans un an

Airbus hésite à lancer un A350 agrandi, confiant face à Boeing

Airbus a minimisé mardi la portée d'un éventuel lancement par Boeing d'une version agrandie de son monocouloir 737, tout en repoussant sa propre décision quant à une modification similaire de son long-courrier A350. /Photo prise le 31 mai 2016/REUTERS/Fabrizio Bensch

HAMBOURG (Reuters) - Airbus a minimisé mardi la portée d‘un éventuel lancement par Boeing d‘une version agrandie de son monocouloir 737, tout en repoussant sa propre décision quant à une modification similaire de son long-courrier A350.

L‘intégration d‘un plus gros moteur pour booster le 737 MAX 9 de Boeing poserait des problèmes techniques, a estimé le directeur commercial de la filiale d‘Airbus Group, John Leahy, surnommant un tel projet “Mad MAX”.

Boeing améliorera probablement son monocouloir plutôt que de lancer un programme plus onéreux d‘avion dans le “milieu de marché”, afin de combler le manque dans la gamme de l‘américain entre ses court-courriers et ses gros porteurs, a-t-il dit à des journalistes lors des “Innovation Days” d‘Airbus à Hambourg.

Reuters a révélé dimanche que l‘avionneur américain étudiait la modification du moteur LEAP utilisé pour l‘A321neo d‘Airbus afin d‘accroître la capacité et la portée de son 737.

Selon des sources industrielles, il faut distinguer la défense tactique du 737 par Boeing et les discussions à plus long terme sur un avion de milieu de marché de 200 à 260 places, pouvant en outre préparer le terrain à un successeur à part entière du 737 au-delà de 2030.

NOM DE CODE A350-2000

Airbus a déclaré de son côté continuer à discuter avec ses clients d‘une version agrandie de son propre A350, qui renforcerait ainsi la compétition sur le long-courrier.

Mais, conscient du risque de cannibaliser les deux versions existantes de l‘A350, l‘avionneur a souligné qu‘il ne s‘attendait pas à ce qu‘un bimoteur de 400 places attire la plus grand part du marché.

Airbus a également dévoilé la dénomination retenue pour ce projet de nouvel avion : l‘A350-2000.

Reuters avait révélé en mars qu‘Airbus sondait ses clients sur un avion de 400 places, connu en interne sous l‘appellation A350-8000, afin de mieux concurrencer le 777-9 de Boeing prévu pour 406 passagers.

La concurrence entre Airbus et Boeing est particulièrement vive sur le marché des gros bimoteurs évalué à 1.900 milliards de dollars sur les 20 ans à venir.

Fabrice Brégier, le PDG de l‘avionneur européen, a dit ne pas être encore totalement convaincu par l‘idée d‘un nouvel A350, soulignant le risque de transferts de commandes d‘A350-1000, qui compte 366 sièges. Cette version déjà agrandie de l‘avion doit venir compléter en 2017 l‘A350-900 entré en service fin 2014.

Les positions de Singapore Airlines et de British Airways semblent décisives pour le lancement d‘une autre version de l‘A350, selon une source sectorielle.

“Si elles l‘achètent, Airbus le construira”, a-t-elle dit.

Fabrice Brégier a également manifesté une nouvelle fois sa colère face aux retards de livraison de l‘A350 dus à des équipements de cabines manquants ou défectueux, soulignant qu‘Airbus se séparerait progressivement des équipementiers qui n‘atteignent pas les standards de l‘industrie.

Le patron d‘Airbus avait déjà tancé en janvier publiquement Zodiac Aerospace qui a multiplié les retards sur les équipements de l‘A350, notamment les toilettes.

Avec Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot

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