23 mai 2016 / 07:22 / il y a un an

Le Parlement grec adopte de nouvelles réformes économiques

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras. Le Parlement grec a adopté une loi alourdissant la fiscalité, libéralisant la vente des prêts bancaires douteux et créant un nouveau fonds de privatisation pour convaincre ses créanciers de débloquer une nouvelle tranche d'aide et d'entamer les négociations sur l'allègement de la dette. /Photo prise le 22 mai 2016/REUTERS/Michalis Karagiannis

ATHENES (Reuters) - Le Parlement grec a adopté une loi alourdissant la fiscalité, libéralisant la vente des prêts bancaires douteux et créant un nouveau fonds de privatisation pour convaincre ses créanciers de débloquer une nouvelle tranche d‘aide et d‘entamer les négociations sur l‘allègement de la dette.

Les députés grecs ont voté cette réforme très contestée dimanche à deux jours d‘une réunion capitale de l‘Eurogroupe qui décidera si la Grèce remplit les conditions qui lui ont été fixées. Des centaines de manifestants étaient rassemblés devant la Vouli pour dénoncer ce nouveau tour de vis.

“Les Grecs ont déjà payé un prix élevé mais c‘est sans doute la première fois que la possibilité que ces sacrifices soient les derniers est si évidente”, a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras aux députés avant le vote.

Le gouvernement ne dispose que d‘une courte majorité de 153 députés (sur 300), qui ont tous voté en faveur des réformes à l‘exception d‘un élu qui a approuvé le texte dans son ensemble mais rejeté certains articles du projet de loi.

La réforme fiscale prévoit une hausse d‘un point du taux de TVA, qui va passer à 24%, ainsi que des taxes supplémentaires sur l‘essence, le tabac, l‘utilisation d‘internet et la propriété foncière.

“C‘est un désastre”, a estimé Panayiotis Kehris, un homme d‘affaires de 60 ans qui manifestait devant le Parlement. “Nous allons devoir réduire toutes nos dépenses, de l‘alimentation aux déplacements en voiture.”

Pour apaiser la colère populaire, Alexis Tsipras a déclaré aux députés qu‘à chaque fois qu‘Athènes dépasserait son objectif d‘excédent primaire annuel, le surplus budgétaire servirait à abonder un fonds de solidarité sociale. Quelque 700 millions d‘euros y seront versés cette année, a-t-il précisé.

Les négociations entre la Grèce et ses créanciers durent depuis des mois en raison, notamment, de désaccords entre l‘Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) sur les progrès réalisés par Athènes et sa réticence à adopter de nouvelles mesures impopulaires.

Un responsable européen a déclaré cette semaine que les ministres des Finances de la zone euro tenteraient de conclure mardi avec la Grèce à la fois un compromis sur un ensemble de réformes “optionnelles” pour garantir qu‘Athènes respectera ses objectifs budgétaires et un accord politique relatif à un futur allègement de sa dette.

Le FMI juge nécessaire un important allègement de la dette grecque, ce à quoi certains pays européens sont réticents.

La Grèce espère pour sa part que la réunion de l‘Eurogroupe se concentrera sur des dispositions de court et moyen termes en ce qui concerne un éventuel allègement du poids de sa dette publique, qui devrait atteindre cette année 182,8% du produit intérieur brut (PIB), selon les projections de la Commission européenne.

“Ce soir, nous envoyons aux dirigeants européens le message que la Grèce remplit ses obligations. Demain, l‘autre côté devra aussi assumer ses responsabilités”, a insisté Alexis Tsipras après le vote du Parlement.

Lefteris Papadimas et Renee Maltezou, Tangi Salaün pour le service français

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