10 mai 2016 / 14:22 / il y a un an

La BCE demande aux banques leur plan d'urgence en cas de Brexit

Siège de la Banque centrale européenne à Francfort. La BCE a demandé aux grandes banques de la zone euro de lui préciser les dispositions qu'elles prendraient dans le cas d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne. /Photo prise le 21 avril 2016/Ralph Orlowski

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a demandé aux grandes banques de la zone euro de lui préciser les dispositions qu'elles prendraient dans le cas d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE), a-t-on appris de sources proches du dossier.

La Grande-Bretagne est la cinquième économie mondiale et la deuxième de l'UE et beaucoup de banques de la zone euro y sont très actives.

On explique auprès d'une grande banque allemande que la BCE a demandé des renseignements sur son exposition à la livre sterling, ainsi que l'exposition aux marchés britanniques de ses activités boursières, obligataires et de crédit. "On nous a aussi demandé dans quelle mesure un Brexit affecterait notre 'business model'", a ajouté la source.

La banque, précise-t-elle, n'anticipe que des répercussions négligeables d'un éventuel Brexit et n'a jusqu'à présent pris aucune disposition particulière, si ce n'est de s'assurer que ses équipes de trading puissent assumer la forte volatilité prévisible au lendemain du référendum du 23 juin.

La BCE pose aux banques ce genre de question plus librement qu'elle ne le pouvait dans l'éventualité d'un "Grexit", une sortie de la Grèce de la zone euro, dans la mesure où la Grande-Bretagne n'en fait pas partie.

Lors de la crise de la grecque dette, la banque centrale avait été discrète sur les dispositions envisagées dans le cas d'un Grexit, consciente des implications politiques que cela aurait pu induire pour l'union monétaire.

Des personnes participant au dispositif Brexit d'autres banques allemandes rapportent que les discussions avec la BCE ont également porté sur des thèmes tels que le financement de l'import-export et les prêts accordés à des entreprises britanniques ou allemandes très présentes en Grande-Bretagne.

Nils Beier, un responsable du cabinet de conseil Accenture, qui a eu des nombreuses discussions avec des banques à ce sujet, a dit que la plupart réexaminaient attentivement leurs positions et s'employaient à les couvrir pour éviter des pertes de trading.

Arno Schütze, avec Balazs Koranyi, Jonathan Gould et Toby Sterling, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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