Le Pakistan veut séduire les grands constructeurs automobiles

vendredi 6 mai 2016 10h24
 

par Drazen Jorgic

ISLAMABAD (Reuters) - Le Pakistan tente d'attirer des constructeurs automobiles tels que Renault et Nissan grâce à des droits à l'importation attrayants mais les convaincre de bâtir des usines sur place n'est pas aisé au vu des doutes entourant la stabilité politique et la sécurité du pays.

Le Pakistan veut remodeler un marché de l'automobile dominé par des constructeurs japonais tels que Toyota, Honda et Suzuki, dont les voitures montées sur place sont vendues à un prix relativement élevé tout en étant dépassées techniquement par les véhicules importés.

Pour ce faire, le gouvernement doit convaincre les industriels que le pays a tourné la page d'une décennie de troubles économiques et d'attaques en série des taliban pakistanais.

Le Pakistan jouit de sa plus forte croissance économique depuis huit ans, sa monnaie est stable face au dollar et les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi bas depuis 42 ans, autant d'arguments à présenter aux investisseurs internationaux pour les dirigeants d'un pays de près de 200 millions d'habitants.

"Nous pensons qu'un ou deux investisseurs étrangers viendront au Pakistan", assure Miftah Ismail, président du Board of Investment du Pakistan. Il dit avoir eu des discussions avec Renault et son partenaire Nissan. Il a également rencontré des responsables de Fiat Chrysler Automobiles en avril et a eu des entretiens avec Volkswagen.

De source proche de Renault, on reconnaît que le Pakistan, entre autres pays, est à l'étude pour un investissement dans la production, mais que les discussions ont tout juste commencé. Renault, dans un courriel, précise qu'il n'y a aucune annonce à faire pour le moment. Jonathan Adashek, porte-parole de Nissan, a déclaré : "Le Pakistan est certainement un marché intéressant pour nous", ajoutant que rien n'avait encore été décidé.

Malgré tous les avantages proposés, le Pakistan aura du mal à sceller des accords en raison d'une stabilité politique remise en question par des putschs en série, réussis ou avortés, depuis l'indépendance du pays.

En outre, la menace d'attaques d'insurgés opposés au gouvernement d'Islamabad, les taliban en particulier, reste élevée, en dépit de l'engagement de l'armée depuis des années.   Suite...

 
A Rawalpindi, Le Pakistan tente d'attirer des constructeurs automobiles tels que Renault et Nissan grâce à des droits à l'importation attrayants mais les convaincre de bâtir des usines sur place n'est pas aisé au vu des doutes entourant la stabilité politique et la sécurité du pays. /Photo prise le 2 mai 2016/REUTERS/Faisal Mahmood