Perte plus que doublée pour RBS, dividende dans les limbes

vendredi 29 avril 2016 11h45
 

par Andrew MacAskill et Lawrence White

LONDRES (Reuters) - Royal Bank of Scotland a annoncé vendredi avoir creusé ses pertes au premier trimestre et s'est montré circonspect quant au calendrier de reprise du dividende au vu de la baisse de ses revenus, du coût toujours très lourd de sa restructuration et de la lenteur de ses cessions d'actifs.

La banque écossaise, contrôlée à 73% par l'Etat depuis son renflouement à hauteur de 46 milliards de livres durant la crise financière de 2007-2009, n'a pas dégagé de bénéfice annuel depuis 2007.

Sur les trois premiers mois de cette année, elle a enregistré une perte de 968 millions de livres sterling (1,24 milliard d'euros), plus du double de celle de 459 millions accusée un an auparavant et légèrement supérieure à celle de 957 millions attendue en moyenne selon le consensus de 10 analystes réalisé par la banque elle-même.

Le produit net bancaire (PNB) trimestriel a chuté de 13% à 3,06 milliards de livres.

L'action perdait 1,19% à 241,9 pence à 11h35 à la Bourse de Londres, dont l'indice FTSE 100 cédait alors 0,59% tandis que l'indice sectoriel européen abandonnait 0,85%.

La perte de RBS a été alourdie par un versement exceptionnel de 1,2 milliard de livres à l'Etat, nécessaire pour pouvoir renouer avec le versement d'un dividende, par des coûts de restructuration de 238 millions de livres et par une dépréciation de 226 millions sur le portefeuille de crédits au secteur maritime.

Ces charges incluent des coûts croissants liés à la scission du réseau de banque de détail Williams & Glyn, dont RBS a dit qu'elle pourrait ne pas parvenir à la mener à bien avant la fin 2017, date-butoir pourtant imposée par l'Union européenne (UE) comme condition de son feu vert à l'aide publique reçue en 2008.

"C'est le projet le plus compliqué que j'ai jamais vu dans le monde bancaire", a dit le directeur général Ross McEwan à la presse. De fait, les analystes doutent que la banque puisse tenir sa promesse de se défaire de cette activité d'ici 2017.   Suite...

 
Royal Bank of Scotland a creusé ses pertes au premier trimestre et la banque écossaise s'est montrée circonspecte quant au calendrier de reprise du dividende au vu de la baisse de ses revenus, du coût toujours très lourd de sa restructuration et de la lenteur de ses cessions d'actifs. /Photo d'archives/REUTERS/Neil Hall