L'économie de la zone euro retrouve son niveau d'avant la crise

vendredi 29 avril 2016 14h01
 

par Balazs Koranyi et Jan Strupczewski

BRUXELLES/BERLIN (Reuters) - Après plus de sept ans de crise et de performances économiques médiocres, la zone euro a connu au premier trimestre son rythme de croissance le plus soutenu depuis 2011, grâce au dynamisme de pays qui n'ont pourtant pas la réputation d'être des moteurs économiques, la France et l'Espagne entre autres.

Le produit intérieur brut (PIB) de la région, c'est-à-dire la richesse créée par ses 19 pays membres, a en outre atteint un niveau supérieur à son point culminant antérieur à la crise.

Dépassant à la fois la Grande-Bretagne - qui pâtit de l'hypothèque d'une éventuelle sortie de l'Union européenne (UE) - et les Etats-Unis, la zone euro peut se prévaloir d'une croissance doublée par rapport au quatrième trimestre 2015. La performance de janvier-mars surpasse même la plus optimiste des prévisions, grâce à une solide consommation des ménages et à une reprise de l'investissement.

Les premiers chiffres de la croissance en France et en Espagne ont eux aussi dépassé les attentes, le PIB français affichant une hausse de 0,5% et l'espagnol une progression de 0,8%.

Mais la zone euro n'en a pas pour autant terminé avec les difficultés, puisqu'elle est par ailleurs retombée en déflation au mois d'avril. En outre, le poids de la dette publique, la faible rentabilité du secteur bancaire, la persistance d'un chômage élevé et l'ampleur des capacités de production excédentaires constituent autant de risques pour la reprise.

La croissance des 19 pays qui partagent l'euro a été de 0,6% au premier trimestre, en première estimation et par rapport au trimestre précédent, au-delà d'un consensus qui la donnait à 0,4% et mieux que la Grande-Bretagne (0,4%).

Les Etats-Unis ont quant à eux dégagé une croissance annualisée de 0,5% au premier trimestre, soit un peu plus de 0,12% seulement en variation trimestrielle. La croissance de la zone euro ressort à 1,6% en rythme annuel.

"Les premiers mois de l'année ont été troublés, avec de forts reculs des Bourse, des inquiétudes pour la croissance aux Etats-Unis, en Chine et dans de nombreux pays émergents et une confiance en berne chez les entreprises et les ménages", observe l'économiste Bert Colijn, d'ING.   Suite...

 
LE PIB DE LA ZONE EURO