Le programme de cessions d'Engie avance, espoirs sur la taxe CO2

vendredi 29 avril 2016 11h53
 

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Engie a annoncé vendredi que son programme de cessions sur trois ans était déjà engagé à hauteur de 40% et a souligné que la mise en place d'un prix plancher du CO2 en France, et peut-être en Europe, favoriserait un rebond des prix de gros de l'électricité.

Les résultats trimestriels du producteur et fournisseur de gaz et d'électricité, également présent dans les services énergétiques, ont été pénalisés par la baisse des prix de l'énergie, mais ont progressé à périmètre et change constants grâce notamment au redémarrage de centrales nucléaires en Belgique.

Après avoir annoncé en février un objectif de cessions de 15 milliards d'euros sur la période 2016-2018, Engie s'est dit confiant vendredi dans sa capacité à conclure pour près de 500 millions supplémentaires de ventes d'actifs d'ici à la fin de l'année, environ six milliards ayant été signées à fin mars.

Le PDG Gérard Mestrallet - missionné par le gouvernement pour faire des propositions afin que la France mette en place unilatéralement un prix plancher du CO2 et qui défend l'idée d'un "corridor de prix" au niveau européen - a souligné que son groupe pourrait bénéficier de ces mesures.

"C'est une évolution globale en faveur d'une taxe carbone, qui aura à moyen terme un impact positif sur les prix de marché de gros de l'électricité en Europe, ce qui est l'un de nos objectifs", a-t-il souligné lors d'une conférence téléphonique.

Aujourd'hui, la combinaison d'un cours très faible de la tonne de CO2 sur le marché européen des quotas d'émission (entre 5 et 6 euros) et de prix très bas du charbon rend beaucoup plus rentable de faire tourner des centrales au charbon plutôt qu'au gaz alors qu'elles sont deux fois plus polluantes.

Un prix plancher d'environ 30 euros la tonne de CO2 permettrait de basculer des centrales au charbon à celles brûlant du gaz, selon Gérard Mestrallet.

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Engie a publié vendredi des résultats du premier trimestre 2016 pénalisés par les prix de l'énergie, mais l'Ebitda et le résultat opérationnel courant du groupe ont progressé à périmètre et change constants grâce à ses économies et au redémarrage de centrales nucléaires en Belgique. /Photo prise le 29 février 2016/REUTERS/Jacky Naegelen