PDG et syndicats d'EDF restent dos à dos sur Hinkley Point

mercredi 27 avril 2016 13h32
 

PARIS (Reuters) - L'intersyndicale CGT, CFE-CGC et FO d'EDF a défendu mercredi sa demande d'un report de la décision du groupe d'investir dans la construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, en Angleterre, jugeant qu'un lancement rapide serait "destructeur".

Jean-Bernard Lévy, le PDG de l'électricien public, a toutefois répété qu'un décalage de plusieurs années n'était "ni nécessaire, ni faisable" et qu'il remettrait en cause l'ensemble du projet.

EDF a annoncé vendredi qu'il consulterait son comité central d'entreprise (CCE) avant de se prononcer sur Hinkley Point mais le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a assuré que ce projet de 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ) pourrait être confirmé en septembre.

"Je suis convaincu qu'Hinkley Point doit se faire, il doit se faire maintenant, dès que nous aurons eu l'avis du comité central d'entreprise", a dit Jean-Bernard Lévy mercredi lors d'une audition en commission au Sénat.

Le PDG a une nouvelle fois mis en avant le taux de rentabilité d'environ 9% par an du projet, qui bénéficiera d'un prix garanti sur 35 ans, et rappelé que tous les accords pour le lancer étaient prêts et validés par la Commission européenne.

S'exprimant au nom de l'intersyndicale, Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la CGT, a pour sa part exclu un report a minima.

"Consulter, c'est bien. Ecouter tous ceux qui, très nombreux, demandent un report du lancement de ce projet, c'est mieux. Nos trois organisations syndicales [CGT, CFE-CGC et FO] ne sauraient se satisfaire d'un décalage de deux ou trois mois (...)", a-t-elle dit lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale.

Marie-Claire Cailletaud a ajouté qu'un lancement "immédiat et précipité" serait "plus que destructeur" et rappelé que les conditions financières du projet avaient changé, EDF devant notamment porter aujourd'hui les deux tiers de l'investissement, contre 40% en 2013, ce qui "ferait exploser sa dette à 61 milliards d'euros".

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Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy (à gauche) avec le sénateur Jean-Claude Lenoir, président de la commission des affaires économiques. L'intersyndicale CGT, CFE-CGC et FO d'EDF a défendu mercredi sa demande d'un report de la décision du groupe d'investir dans la construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, en Angleterre, jugeant qu'un lancement rapide serait "destructeur". Jean-Bernard Lévy a toutefois répété qu'un décalage de plusieurs années remettrait en cause l'ensemble du projet. /Photo prise le 27 avril 2016/REUTERS/Jacky Naegelen