Comment la France a gagné la bataille navale en Australie

mardi 26 avril 2016 23h43
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Tout a commencé par le centenaire de l'engagement australien dans la Première Guerre mondiale, fin 2014, et tout s'est débouclé lundi, le jour du souvenir des combattants australiens, lorsque le pays a décidé de présélectionner la France pour un contrat géant de 12 sous-marins.

Lorsque Jean-Yves Le Drian s'était rendu en Australie pour la première fois, le 1er novembre 2014, le ministre français de la Défense n'était allé ni à Sydney, la capitale financière, ni à Canberra, la capitale administrative.

Il s'était retrouvé à Albany, en Australie occidentale, pour participer au centenaire du départ de ce port, d'un corps expéditionnaire australien et néo-zélandais (l'Anzac) pour se battre aux côtés des Alliés.

"Il faut être honnête, en 2014, personne ne croyait à la possibilité de ce succès", a-t-on déclaré mardi dans l'entourage du ministre. "Mais Jean-Yves Le Drian pensait qu'il y avait quelque chose à jouer".

La stratégie était simple : se positionner comme l'outsider du Japon, pour devenir "l'alternative évidente" au cas où les choses ne tourneraient pas à l'avantage de Tokyo. L'archipel était donné ultra-favori à l'époque en raison de la volonté de l'Australie de se rapprocher de cet allié précieux en Asie-Pacifique, dont elle entend rester un pilier.

A la même époque, Hervé Guillou, qui venait de prendre la tête de DCNS, décidait de faire de ce contrat historique la priorité du constructeur militaire naval en difficulté, et la France commençait avec l'Egypte à négocier un autre contrat majeur : la première vente à l'export de son avion de combat Rafale, concrétisée début 2015.

EQUIPE DE FRANCE   Suite...

 
Le président François Hollande au siège de la DCNS à Paris, entouré (de gauche à droite) du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, du chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault et du PDG des chantiers de construction navale Hervé Guillou. L'annonce mardi d'un contrat pour des sous-marins australiens est le fruit d'un an et demi de discussions en coulisses. /Photo prise le 26 avril 2016 /REUTERS/Christophe Petit-Tesson/Pool