L'Etat français au chevet d'EDF, son géant malade

mercredi 20 avril 2016 17h58
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La vigilance de l’Etat français envers EDF est "totale", a promis mercredi le gouvernement, après une réunion à l'Elysée sur la situation financière du géant de l'électricité.

L'attention se focalise sur le projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR au Royaume-Uni, à Hinkley Point, investissement de 18 milliards de livres (23 milliards d'euros) partagé à deux tiers/un tiers entre EDF et le chinois CGN, déja alliés pour la construction de deux réacteurs en Chine.

Les principaux syndicats d'EDF ont récemment écrit à François Hollande pour l'avertir que "l'équation financière et l'organisation du travail plus que dégradées" du groupe ne permettaient pas d'envisager "sereinement" ce chantier.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, et le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, maintiennent quant à eux que sa réalisation est vitale pour l'entreprise, détenue à 84,94% par l'Etat, et pour la filière nucléaire française dans son ensemble.

La décision doit être formellement prise lors d'un prochain conseil d'administration, début mai.

Dans un courrier adressé le 12 avril au président de la Commission de l'Energie de la Chambre des Communes, le ministre britannique de l'Energie, Amber Rudd, dit avoir du gouvernement français l'assurance que tout est fait à Paris pour "parvenir à une décision finale d'investissement aussi vite que possible".

Les autorités britanniques ont pris des dispositions pour que tout "retard potentiel ou annulation" n'affecte pas la sécurité d'approvisionnement du Royaume uni en électricité, ajoute-t-il cependant dans ce courrier, dont Reuters a eu copie. Il rappelle au passage que les risques, en matière de délais, seront entièrement supportés par le constructeur.

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La vigilance de l’Etat français envers EDF est "totale", a promis mercredi le gouvernement, après une réunion à l'Elysée sur la situation financière du géant de l'électricité. /Photo prise le 17 mars 2016/REUTERS/Stéphane Mahé