April 7, 2016 / 12:58 PM / a year ago

Airbus veut des robots humanoïdes sur ses lignes d’assemblage

4 MINUTES DE LECTURE

Des robots humanoïdes devraient dans l'avenir travailler aux côtés des humains sur les lignes d'assemblage d'Airbus et les décharger des tâches les plus laborieuses ou dangereuses dans l'un des secteurs les moins robotisés de l'industrie. C'est le but du programme de recherche franco-japonais qui pourrait déboucher sur un partenariat industriel en 2019 en vue de l'arrivée de la première génération de robots humanoïdes sur les chaînes d'ici une quinzaine d'années. /Photo d'archives/Michael Spooneybarger

TOULOUSE (Reuters) - Des robots humanoïdes devraient dans l'avenir travailler aux côtés des humains sur les lignes d'assemblage d'Airbus et les décharger des tâches les plus laborieuses ou dangereuses dans l'un des secteurs les moins robotisés de l'industrie.

C'est le but du programme de recherche franco-japonais que finance le groupe aéronautique et spatial européen et qui pourrait déboucher sur un partenariat industriel en 2019 en vue de l'arrivée de la première génération de robots humanoïdes sur les chaînes d'ici une quinzaine d'années.

Ce projet commun a été lancé avec le Joint Robotics Laboratory (JRL), unité mixte internationale du CNRS et de l’Institut national de la science et des technologies industrielles avancées japonais (AIST).

Il a démarré en février 2016 à Tsukuba, au Japon et occupe une équipe de huit chercheurs qui, durant quatre ans, vont développer de nouvelles fonctionnalités chez les robots humanoïdes pour leur permettre d'accomplir des tâches précises dans des espaces exigus, tels que les chaînes de montage.

Ce projet bilatéral entre Airbus Group et le JRL fait suite à une première collaboration qui a démarré en 2015 dans le cadre du projet européen Comanoid. Doté d’un budget de 4,25 millions d'euros, ce programme vise à faire se déplacer des robots humanoïdes dans un avion en phase d'assemblage sans mettre en danger les opérateurs humains, les appareils ou eux-mêmes.

"La construction aéronautique est l'un des secteurs les moins automatisés de l'industrie", explique Abderrahmane Kheddar, directeur du JRL.

"Le but est de développer des solutions pour robotiser certaines tâches et faire en sorte que ces robots humanoïdes puissent intervenir dans des environnements contraints, sur les ailes des avions ou dans le fuselage, en faisant un usage coordonné de leur corps et en utilisant plusieurs points d'appui, comme l'homme le ferait", ajoute-t-il.

Des Gestes précis

Les robots humanoïdes du programme de recherche franco-japonais devront notamment être capables de tracer les endroits où les opérateurs sont amenés à percer, de nettoyer les copeaux métalliques après le perçage ou encore de vérifier le bon fonctionnement d'interrupteurs.

Des gestes précis qu'ils vont pouvoir accomplir grâce aux technologies de locomotion dites "multi-contacts" développées par les équipes du JRL depuis 2004 et qui permettent aux robots de s'aider de tout leur corps et pas seulement de leurs pieds pour monter ou descendre un escalier, passer des obstacles au sol, s'agenouiller en prenant aussi appui sur leurs genoux, leurs mains ou leurs coudes.

L'objectif des chercheurs du JRL est de pouvoir répondre d'ici deux ans au cahier des charges d'Airbus Group qui a identifié plusieurs opérations sur ses lignes d’assemblage, fastidieuses pour les humains ou dont l’accès est impossible à des plates-formes robotiques roulantes ou montées sur rail.

"Il ne s'agit pas de remplacer les opérateurs humains mais de les décharger de travaux pénibles et laborieux ou qui les exposent à des substances dangereuses. Ils pourront ainsi se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée", ajoute Abderrahmane Kheddar.

Ces recherches autour des robots humanoïdes dédiés aux lignes de montage aéronautiques pourraient déboucher sur un partenariat industriel en 2019. Et selon le JRL, la première génération de robots humanoïdes pourrait faire son entrée sur les chaînes d'Airbus Group d'ici dix à quinze ans.

Plus prudent sur le calendrier, le constructeur européen précise être encore dans "une phase de prospection" mais fonde visiblement beaucoup d'espoirs dans ces technologies.

En février dernier, au moment du lancement du programme, Sébastien Remy, directeur d'Airbus Group Innovations avait parlé de la robotique humanoïde comme d'une "technologie-clé".

Edité par Yves Clarisse

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