Pfizer renonce à racheter Allergan

mercredi 6 avril 2016 07h20
 

par Caroline Humer et Ransdell Pierson

NEW YORK (Reuters) - Pfizer a fait savoir mardi qu'il renonçait à racheter Allergan, une opération de 160 milliards de dollars (140 milliards d'euros) qui devait donner naissance au premier groupe pharmaceutique mondial, suite à l'annonce par le Trésor américain de nouvelles dispositions sur les opérations d'inversion fiscale.

Pfizer, le fabricant du Viagra, et Allergan, dont le produit vedette est le Botox, devraient annoncer officiellement mercredi la rupture de leur accord, a-t-on appris d'une source proche du dossier.

Leur union, considérée comme le plus important montage d'inversion fiscale jamais conçu, devait permettre à Pfizer de transférer son siège en Irlande.

La donne a changé lundi avec l'annonce par le département du Trésor de règles renforçant la lutte contre l'inversion, mécanisme par lequel des entreprises américaines délocalisent leur siège social dans un pays à taux d'imposition plus bas en achetant une société basée à l'étranger.

Les règles annoncées lundi auraient privé Pfizer, qui espérait boucler la fusion au second semestre 2016, de l'avantage fiscal d'une délocalisation en Irlande, a expliqué une source proche du dossier.

Le titre Pfizer a gagné mardi 2,1% à Wall Street. L'action Allergan a reculé de 14,8%.

Les mesures annoncées lundi visent à encadrer le processus d'acquisitions dans le but d'une inversion et à limiter les pratiques financières permettant aux multinationales de réduire leurs bénéfices soumis à l'impôt aux Etats-Unis.

Selon les nouvelles règles, les acquisitions d'actifs américains réalisées par une entreprise basée à l'étranger dans les trois ans précédant une inversion ne pourront plus compter dans les calculs déterminant si sa composition lui autorise à participer à ce type de montage.   Suite...

 
Pfizer renonce à racheter Allergan, une opération de 160 milliards de dollars (140 milliards d'euros) qui devait donner naissance au premier groupe pharmaceutique mondial, à la suite à l'annonce par le Trésor américain de nouvelles dispositions sur les opérations d'inversion fiscale. /Photo d'archives/REUTERS/Cathal McNaughton