BCE et BoJ confrontées à la "drôle de guerre" des changes

mardi 5 avril 2016 14h24
 

par Jamie McGeever

LONDRES (Reuters) - Plus la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon (BoJ) cherchent à faire baisser leur devise respective, moins elles semblent y parvenir, en dépit de mesures d'assouplissement monétaire toujours plus audacieuses.

Soucieuses de combattre les risques de déflation, la BCE comme la BoJ sont allées au-delà des attentes en matière de politique monétaire non conventionnelle, qu'il s'agisse du recours aux taux d'intérêt négatifs ou de l'amplification de leurs programmes de rachats d'actifs.

Pourtant, le taux de change de l'euro comme celui du yen - des canaux de transmission déterminant de ces politiques monétaires ultra-accommodantes grâce à la hausse des prix importés et au soutien à l'export attendu de la dépréciation des devises - loin de s'affaiblir, se sont appréciés.

L'euro est passé brièvement la semaine dernière au-dessus de 1,14 dollar, au plus haut depuis six mois, s'éloignant un peu plus de la parité avec la devise américaine que lui promettent encore de nombreux analystes au vu de la divergence des politiques monétaires et du dynamisme des économies de part et d'autre de l'Atlantique.

Le yen est à un plus haut de 17 mois contre le dollar, venant d'enregistrer ses plus importants gains en un trimestre depuis 2009.

Le rallye des deux devises n'est peut être pas aussi surprenant que cela. Les flux de capitaux à court terme ont été largement influencés par le recalibrage des anticipations de hausse de taux aux Etats-Unis cette année qui sont passées de trois voire quatre en décembre à une ou deux voire aucune.

Leur résistance à la baisse vient aussi souligner que si l'inflation réduit le pouvoir d'achat d'une monnaie sur le long terme, l'inverse est vrai. Les devises d'économies connaissant une inflation faible voire négative peuvent être plus recherchées que celles d'économies très inflationnistes.

L'inflation au sein de la zone euro est légèrement négative et ne devrait pas se rapprocher de l'objectif à moyen de la BCE d'un hausse des prix de l'ordre de 2% l'an avant plusieurs années. Le Japon connaît un environnement de très faible inflation voire de déflation depuis deux décennies. La Suisse est engluée dans la déflation depuis 2008.   Suite...

 
Plus la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon (BoJ) cherchent à faire baisser leur devise respective, moins elles semblent y parvenir, en dépit de mesures d'assouplissement monétaire toujours plus audacieuses. /Photo d'archives/REUTERS/François Lenoir