Le projet Tata Steel, prétexte à une vague de fusions en Europe?

jeudi 31 mars 2016 12h09
 

par Georgina Prodhan

FRANCFORT (Reuters) - Le projet de Tata Steel de vendre ses actifs britanniques laisse penser que la sidérurgie européenne, qui pâtit de surcapacités chroniques, est bien partie pour traverser une période de consolidation.

Il ne s'est plus rien passé, de ce point de vue, dans la sidérurgie européenne depuis les rachats d'Arcelor et de Corus par les géants indiens Mittal et Tata en 2006 et 2007.

Les aciéries ont été confrontées à la crise économique mondiale et au ralentissement économique de la Chine qui se traduit, entre autres choses, par de l'acier chinois importé en masse et à vil prix en Europe.

Manquant des moyens financiers de poursuivre la consolidation du secteur, qui se traduirait par une réduction des capacités, les sidérurgistes européens continuent de produire plus que nécessaire dans le but de protéger leurs parts de marché et l'emploi, mais entretenant ainsi un cercle vicieux de saturation du marché et de baisse des prix.

La sidérurgie européenne représente un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 170 milliards d'euros et emploie directement 330.000 personnes. Le nombre d'emplois indirects est encore bien plus élevé.

"La consolidation du secteur de l'acier en Europe va de soi mais l'industrie a tellement attendu et la crise est tellement aigüe qu'on en arrive à des entreprises dont le cash flow est réellement négatif", souligne un banquier londonien spécialisé.

Tata a souligné qu'il en était arrivé à un point tel qu'il n'avait d'autre ressource que d'agir même si cela doit se traduire par l'arrêt de ses opérations britanniques en cas d'absence de repreneur.

Il a constitué sur ses aciéries britanniques, qui emploient dans les 15.000 salariés, des dépréciations dépassant les deux milliards de livres (2,5 milliards d'euros).   Suite...

 
Le projet de Tata Steel de vendre ses actifs britanniques laisse penser que la sidérurgie européenne, qui pâtit de surcapacités chroniques, est bien partie pour traverser une période de consolidation. Tata a souligné qu'il en était arrivé à un point tel qu'il n'avait d'autre ressource que d'agir même si cela doit se traduire par l'arrêt de ses opérations britanniques en cas d'absence de repreneur. /Photo prise le 30 mars 2016/REUTERS/Toby Melville