Le sidérurgiste Tata va sortir du Royaume-Uni, l'emploi menacé

mercredi 30 mars 2016 12h36
 

par Kate Holton et Promit Mukherjee

LONDRES/BOMBAY (Reuters) - Le groupe sidérurgique indien Tata Steel a annoncé mercredi son intention de vendre la totalité de ses activités au Royaume-Uni, menaçant plusieurs milliers d'emplois dans un secteur fragilisé par la chute des prix, des coûts élevés et la concurrence chinoise.

Au terme d'un long conseil d'administration tenu à Bombay, Tata a expliqué dans un communiqué que les performances financières de sa filiale britannique s'étaient fortement détériorées ces derniers mois et qu'il n'était plus en mesure d'améliorer la situation de sa filiale britannique, qui emploie quelque 15.000 personnes et opère notamment l'aciérie de Port Talbot au Pays de Galles, la plus importante du Royaume-Uni.

De ce fait, Tata dit que sa division européenne va "explorer toutes les options en vue d'une restructuration, y compris celle d'une cession de tout ou partie de Tata Steel UK".

Cette décision pourrait animer la campagne du référendum de juin sur l'avenir du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne. Plusieurs médias traditionnellement hostiles à l'UE ont déjà reproché à Bruxelles d'avoir empêché Londres de prendre des mesures pour protéger sa sidérurgie, même si les partisans du maintien dans l'Union rétorquent que la politique européenne n'a rien à voir avec les difficultés du secteur.

Le gouvernement britannique et les autorités galloises ont assuré mercredi qu'elles étudiaient tous les moyens permettant de protéger l'industrie sidérurgique, qui a déjà supprimé plusieurs milliers de postes l'an dernier.

LONDRES DIT ÉTUDIER "TOUTES LES OPTIONS"

"Nous étudions, nous avons étudié, nous allons continuer d'étudier toute les options, et je dis bien toutes les options", a dit Anna Soubry, la ministre des PME de David Cameron, à la BBC. Elle a précisé ne pas exclure la possibilité d'une nationalisation temporaire des sites de Tata Steel en attendant de trouver un repreneur.   Suite...

 
Tata Steel a décidé de céder toutes ses activités au Royaume-Uni. Le numéro un de la sidérurgie britannique tire ainsi un trait sur près de dix ans de présence dans ce secteur, en déclin, du pays. /Photo d'archives/REUTERS/Russell Cheyne