Le projet d'EPR anglais déclenche une crise au sommet d'EDF

lundi 7 mars 2016 15h35
 

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - EDF a confirmé lundi la démission de son directeur financier, Thomas Piquemal, sur fond de désaccords autour du projet controversé du groupe de construire deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, en Grande-Bretagne.

Cette démission, révélée dimanche par des sources, a entraîné une chute de l'action d'EDF, des analystes soulignant les risques que le projet fait peser sur le bilan de l'électricien public et l'influence positive de Thomas Piquemal ces dernières années au sein du groupe.

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a dit regretter "la précipitation de son départ" mais a confirmé qu'EDF étudiait le projet d'Hinkley Point, avec le soutien de l'Etat français et "dans les meilleures conditions financières pour le groupe".

Dans une déclaration écrite, il a également redit qu'EDF avait pour objectif "de prononcer la décision finale d'investissement dans un avenir proche".

Selon une source au fait du dossier, Thomas Piquemal a estimé que le projet, évalué à 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ), mettrait une pression trop importante sur le bilan du groupe.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a réaffirmé la confiance de l'Etat français à Jean-Bernard Lévy et le soutien de Paris au projet d'Hinkley Point, également confirmé par le gouvernement britannique.

Une source proche du conseil d'administration a évoqué "une bataille d'influences au sommet de l'entreprise" et estimé que la pression politique, notamment à travers le sommet franco-britannique de jeudi dernier, conduisait à "des prises de décisions stratégiques en dehors de l'entreprise".

"Piquemal passait pour quelqu'un qui tenait les comptes. Son départ est le résultat de la lutte entre le projet du président et ceux qui manifestaient quelques résistances", a ajouté cette source.   Suite...

 
Le site d'Hinkley Point, en Grande-Bretagne. EDF a confirmé lundi la démission de son directeur financier, Thomas Piquemal, sur fond de désaccords autour du projet controversé du groupe de construire deux réacteurs nucléaires de type EPR sur ce site. /Photo d'archives/REUTERS/Suzanne Plunkett