Avec Suez, Engie accélérerait sa transformation à moindres frais

mardi 23 février 2016 14h17
 

par Benjamin Mallet et Geert De Clercq

PARIS (Reuters) - Reprendre le contrôle de Suez permettrait à Engie d'accélérer sa transformation sans forcément passer par une offre de rachat coûteuse.

Le scénario, évoqué par la presse, paraît d'autant plus crédible que l'énergéticien n'a pas démenti son intérêt pour Suez, numéro deux mondial de la gestion de l'eau et des déchets, dont il détient encore 33,4% du capital après avoir laissé expirer un pacte d'actionnaires de contrôle du groupe en 2013.

Selon un schéma privilégié par plusieurs analystes, Engie pourrait fusionner sa filiale de services énergétiques Cofely avec Suez afin de porter sa participation dans le groupe à 66% environ.

"Echanger Cofely contre de nouvelles actions Suez, avec un ratio d'échange intelligemment équilibré, serait la démarche la plus souple et la plus judicieuse d'un point de vue industriel", estime dans une note Julie Arav, analyste chez Kepler Cheuvreux.

Ce schéma aurait l'avantage d'éviter à Engie une importante sortie de cash, ou en tout cas de la limiter, lui permettant ainsi de consacrer à d'autres investissements les produits de son programme de cessions d'actifs qui, selon la presse, pourrait atteindre 15 à 20 milliards d'euros sur 2016-2018.

Secoué par la chute des prix de l'électricité et du gaz en Europe, l'ex-GDF Suez reconnaît en outre qu'il doit revoir les contours de son portefeuille d'actifs pour trouver de nouveaux relais de croissance en ciblant notamment les services, les actifs régulés et les renouvelables.

"L'économie circulaire, avec le recyclage et la valorisation des déchets, mais aussi le traitement de l'eau pour les industriels, sont des marchés à fort potentiel pour Suez. On ne parle pas d'une croissance à deux chiffres, mais c'est supérieur à ce que peut faire Engie seul", estime Xavier Caroen, analyste chez Bryan Garnier.

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Reprendre le contrôle de Suez permettrait à Engie d'accélérer sa transformation sans forcément passer par une offre de rachat. Le scénario, évoqué par la presse, paraît d'autant plus crédible que l'énergéticien n'a pas démenti son intérêt pour Suez, dont il détient encore 33,4% du capital après avoir laissé expirer un pacte d'actionnaires de contrôle du groupe en 2013. /Photo prise le 22 février 2016/REUTERS/Jacky Naegelen