Les marchés craignent une récession, leur chute la rend possible

mercredi 17 février 2016 13h46
 

par Mike Dolan

LONDRES (Reuters) - Les décrochages des marchés financiers n'ont pas toujours été suivis d'une récession, loin s'en faut, mais les récentes turbulences peuvent produire des effets d'auto-prophétie et exposer l'économie mondiale à de nouveaux chocs.

Malgré l'ampleur de la chute des marchés actions en début d'année, qui a fait disparaître à un moment donné jusqu'à plus de 8.000 milliards de dollars (7.200 milliards d'euros) de capitalisation boursière mondiale, peu d'économistes considèrent qu'une récession globale est au coin de la rue.

Ils sont toutefois de plus en plus nombreux à penser qu'une période prolongée de volatilité sur les marchés financiers risque de faire pencher la balance du mauvais côté.

L'inquiétude est élevée alors que les marges de manoeuvre des responsables économiques et monétaires sont limitées et que les taux négatifs en Europe comme au Japon sont de plus en plus considérés comme une partie du problème plutôt que la solution, notamment en raison de leurs effets délétères sur la solidité du système bancaire.

Il faudra sans doute quelques mois pour savoir si la dégradation de l'activité dans l'industrie, le ralentissement du commerce mondial et le manque de dynamisme de l'investissement l'emportent sur la résistance des services et des dépenses de consommation.

Dans l'attente, les investisseurs s'inquiètent de risques politiques qu'une croissance plus soutenue les aiderait à ignorer et qui peuvent être perçus comme de nouvelles menaces pour la confiance des entreprises comme des ménages.

Axa Investment Managers, qui a abaissé sa prévision de croissance mondiale pour cette année de 3,1% à 2,7%, à peine au-dessus de la fourchette de 2% à 2,5% considérée comme nécessaire pour éviter une contraction du PIB par habitant, prévient que les marchés restent confrontés à des risques systémiques comme cycliques.

"Avec une croissance mondiale aussi molle, des profits des entreprises aussi piteux et des hausses de salaires aussi faibles, il n'y a pas besoin d'un très grand choc pour déstabiliser les marchés financiers", dit Eric Chaney, économiste d'Axa IM.   Suite...

 
Les décrochages des marchés financiers n'ont pas toujours été suivis d'une récession, loin s'en faut, mais les récentes turbulences peuvent produire des effets d'auto-prophétie et exposer l'économie mondiale à de nouveaux chocs. /Photo prise le 25 août 2015/REUTERS/Brendan McDermid