Les prévisions de la Fed de plus en plus en retard sur le marché

lundi 15 février 2016 16h18
 

par Ann Saphir

SAN FRANCISCO (Reuters) - Le décalage croissant entre l'évolution prévisible des taux d'intérêt telle que la perçoit la Réserve fédérale américaine et les anticipations des marchés financiers risque, s'il perdure, de saper la crédibilité de l'institution.

En dépit de la chute des anticipations d'inflation et des turbulences sur les marchés liées aux craintes pour la croissance, la Fed, faute d'avoir modifié son message, reste calée sur un scénario incluant plusieurs hausses de taux cette année.

Leur nombre reste flou et les investisseurs comme les économistes n'ont qu'un instrument à leur disposition pour tenter de s'en faire une idée: un graphique dans le "Résumé des prévisions économiques" de la Fed surnommé le "dot plot" et qui rassemble les projections du niveau futur des taux de chacun des membres du FOMC (Federal Open Market Committe), le comité de politique monétaire.

La présidente de la banque centrale, Janet Yellen, et le patron de la Fed de New York, William Dudley, ont laissé entendre la semaine dernière que des hausses de taux restaient au programme, en évoquant la tendance de fond solide de la conjoncture économique aux Etats-Unis.

Ni l'une ni l'autre n'ont fait directement référence au "dot plot", qui envisage quatre relèvements de taux cette année, alors que le marché estime désormais à un tiers la probabilité d'une hausse unique d'ici fin décembre.

Les responsables de la Fed expliquent que si le "dot plot", publié une fois par trimestre, ne dessine pas à proprement parler la trajectoire future de l'évolution des taux, il peut être utilisé pour piloter les anticipations.

Mais depuis la première publication, il y a quatre ans, de ces projections individuelles censées permettre aux marchés de mieux juger de l'orientation possible de la politique monétaire, les dirigeants de la Fed ont fréquemment dû revoir à la baisse leurs prévisions.

Pour certains économistes, ces projections avaient surtout pour utilité de renforcer l'engagement de la banque centrale à maintenir des taux quasi-nuls lorsque telle était l'orientation de la politique monétaire.   Suite...

 
Le décalage croissant entre l'évolution prévisible des taux d'intérêt telle que la perçoit la Réserve fédérale américaine et les anticipations des marchés financiers risque, s'il perdure, de saper la crédibilité de l'institution, qui reste calée sur un scénario incluant plusieurs hausses de taux cette année en dépit de la chute des prévisions d'inflation. /Photo d'archives/REUTERS/Jonathan Ernst