February 12, 2016 / 8:04 AM / a year ago

L'Allemagne croît sans convaincre

3 MINUTES DE LECTURE

LA CROISSANCE ALLEMANDE

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne a enregistré au dernier trimestre de 2015 une croissance stable, une hausse des dépenses publiques portée par l'afflux de réfugiés et des chantiers de BTP plus nombreux ayant largement contrebalancé le coup de frein du commerce extérieur.

Le PIB de la première économie d'Europe a augmenté de 0,3% sur les trois derniers mois de l'année dernière, conformément aux attentes et comme au trimestre précédent, ce qui porte le taux de croissance sur l'ensemble de l'année 2015 à 1,7%, a annoncé vendredi l'institut fédéral de la statistique (Destatis).

En données non ajustées, le PIB du quatrième trimestre a progressé de 2,1%, par rapport à la période comparable de 2014, en deçà des 2,3% attendus.

"Lent mais stable, voilà ce qu'on peut dire de 2015 a posteriori", commente Thomas Gitzel (VP Bank Group), jugeant que la croissance du quatrième trimestre "n'a rien d'enthousiasmant", sans pour autant qu'il faille s'alarmer.

Après un solide premier semestre en 2015, l'économie a un peu ralenti les six mois suivants, conséquence de la tourmente boursière des marchés émergents et du coup de frein à la croissance chinoise.

Cette stabilité de la croissance fait suite à une production industrielle étonnamment faible en décembre, soulignant les difficultés d'une économie traditionnellement tournée vers l'exportation dans un contexte économique morose pour les marchés émergents.

Le produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne a enregistré au quatrième trimestre 2015 une croissance modérée, une hausse des investissements publics compensant la faible performance du commerce extérieur. Le PIB de la première économie d'Europe a progressé de 0,3% sur les trois derniers mois de l'année dernière, conformément aux attentes et comme au trimestre précédent, ce qui porte le taux de croissance sur l'ensemble de l'année 2015 à 1,7%. /Photo d'archives/Axel Schmidt

La consommation privée supplante ainsi le commerce extérieur comme moteur de la croissance allemande, un chômage qui n'a jamais été aussi bas, des taux d'intérêt ultra-bas et des augmentations salariales libérant le pouvoir d'achat.

Cela étant, si la dépense publique a bien augmenté au dernier trimestre de 2015, la progression de la dépense privée n'a été que modérée.

La déroute boursière du secteur financier européen fait craindre que l'instabilité des marchés ait des répercussions sur l'économie réelle.

C'est ainsi que 2016 pourrait se révéler plus délicate pour une économie allemande confrontée à la crise des réfugiés, à l'incertitude politique et à des facteurs externes de plus en plus défavorables, remarque Carsten Brzeski (ING).

"En sus des éléments de risque bien connus comme le ralentissement de la Chine et des marchés émergents ou encore une zone euro qui n'est pas sortie de ses difficultés, la chute des prix pétroliers et un éventuel accès de faiblesse économique des Etats-Unis risquent d'être très mal perçus par l'économie allemande", explique-t-il.

Le gouvernement a revu en baisse sa prévision de croissance de 2016 le mois dernier, à 1,7%.

Caroline Copley, avec Joseph Nasr, Patrick Vignal et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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