Les Abenomics ne font plus recette à la Bourse du Japon

mardi 9 février 2016 12h59
 

par Hideyuki Sano et Tomo Uetake

TOKYO (Reuters) - Quand Shinzo Abe, redevenu Premier ministre, avait lancé il y a trois ans son programme en trois volets, connu sous le nom d'Abenomics, pour relancer l'activité et écarter définitivement la menace déflationniste au Japon, la Bourse avait salué chacune des nouvelles mesures.

Ce n'est plus le cas.

Shinzo Abe a tout juste commencé à préparer la troisième "flèche" des Abenomics, les réformes structurelles visant à améliorer la productivité, alors qu'il avait rapidement mis en oeuvre les deux premières - la politique budgétaire de relance et la stimulation monétaire - avec le soutien enthousiaste du gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) Haruhiko Kuroda.

Au cours de la première année de ce programme de relance, l'indice Nikkei a gagné près de 60%, attirant 15.000 milliards de yens (119,2 milliards d'euros) de fonds étrangers sur le marché. L'accueil fait aux mesures audacieuses d'Haruhiko Kuroda a été particulièrement positif, chacune de ses deux annonces d'injections de liquidités dans l'économie ayant provoqué un bond de 7% de la Bourse en une semaine.

Sa décision la semaine dernière d'imposer des taux d'intérêt négatifs était également hardie, et plutôt inattendue, mais les investisseurs, constatant que Shinzo Abe était loin d'avoir atteint ses objectifs, n'ont pas bougé sur la nouvelle.

"La réaction du marché est chaque jour un peu plus morne. Les taux négatifs ne l'ont soutenu que pendant deux jours", note Norihiro Fujito, analyste chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities, qui ajoute que les données du marché montrent que même ce mouvement était le fait de spéculateurs de court terme.

Une semaine plus tard, ces gains ont d'ailleurs été effacés, les investisseurs étrangers ayant réalisé 207 milliards de yens de retraits nets du marché, ce qui porte le total des retraits depuis le début de l'année à 1.000 milliards de yens. Les fonds d'actions japonaises basés aux Etats-Unis ont également fait l'objet d'un flux net de retraits dans la semaine au 3 février.

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Le programme en trois volets du Premier ministre japonais Shinzo Abe, connu sous le nom d'Abenomics, pour relancer l'activité et écarter définitivement la menace déflationniste au Japon, ne fait plus recette à la Bourse du Japon. En dollars, la hausse de l'indice Nikkei n'a été que de 10% depuis mars 2013, soit deux fois moins que celle de l'indice américain S&P-500. /Photo prise le 24 septembre 2015/REUTERS/Issei Kato