February 5, 2016 / 8:04 AM / a year ago

La facture énergétique allège le déficit commercial 2015

4 MINUTES DE LECTURE

LE DÉFICIT COMMERCIAL

PARIS (Reuters) - La balance commerciale de la France a enregistré l'an passé son plus faible déficit depuis 2009 grâce à la baisse des prix du pétrole, qui a fortement allégé la facture énergétique, et la dépréciation de l'euro vis-à-vis du dollar, selon les données publiées vendredi par les douanes.

Le déficit annuel est revenu à 45,7 milliards, contre 58,3 milliards un an plus tôt. Il affiche sa quatrième baisse consécutive depuis le pic de 74,5 milliards touché en 2011.

Sur le seul mois de décembre, le déficit est ressorti à 3,9 milliards d'euros contre 4,5 milliards en novembre. Le déficit de novembre a été légèrement révisé, ayant été annoncé à 4,6 milliards en première estimation.

Comme en 2014, l'amélioration observée l'an passé résulte pour l'essentiel de la facture énergétique, qui a diminué de 14,6 milliards d'euros d'une année sur l'autre, à 40,1 milliards, en raison de la poursuite de la chute des cours de l'or noir.

S'y ajoute l'effet baisse de l'euro, qui a atteint 16% en moyenne l'an passé face au dollar.

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a souligné lors d'un point de presse que la baisse du déficit commercial depuis 2011 était due à 80% aux évolutions des prix de l'énergie et de l'euro.

Mais le déficit manufacturier s'est néanmoins creusé de 2,6 milliards d'euros l'an passé, à 21,6 milliards, alors que l'excédent agroalimentaire est resté quasi stable (2,6 après 2,7 milliards).

Les exportations de biens ont nettement progressé (+4,3% en 2015 contre +0,1% en 2014), dans un contexte de raffermissement de la demande mondiale et de dépréciation de l'euro. Cette hausse a notamment été entretenue par le dynamisme des ventes dans l'aéronautique (+11,4%) et l'automobile (+8,7%).

Les ventes d’Airbus ont atteint un nouveau record, à 28,9 milliards, contre 25,0 milliards en 2014, malgré un tassement du nombre d'appareils vendus (313 après 321).

Le déficit commercial de la France s'est réduit l'an dernier pour s'établir à 45,7 milliards, au plus bas depuis 2009, contre 58,3 milliards un an plus tôt. /Photo d'archives/Philippe Wojazer

Parts De marché stabilisées

Après avoir reculé en 2014, les exportations de produits agricoles et de produits pharmaceutiques ont renoué avec la croissance, affichant des progressions de 6,5% et 2,7%, respectivement.

Les importations ont connu une augmentation modérée (+1,2%), après avoir reculé de 0,6% en 2014, sous l'effet de la baisse des cours du brut.

Le déficit commercial de la France s'est réduit l'an dernier pour s'établir à 45,7 milliards, au plus bas depuis 2009, contre 58,3 milliards un an plus tôt, /Photo d'archives/Dado Ruvic

Par zones géographiques, les ventes à destination de l'Union européenne (+2,2% après +1,0% en 2014) ont profité de l'amélioration de la conjoncture en Espagne et de la bonne tenue de l'économie britannique.

La baisse de l'euro face au dollar s'est traduite par un net rebond des exportations vers les pays hors Union européenne (+7,4% après -1,6% en 2014).

C'est particulièrement le cas avec les Etats-Unis, vers lesquels les exportations dépassent aujourd'hui huit milliards d'euros par trimestre contre sept milliards à la mi-2014, soulignent les douanes.

Matthias Fekl a fait état d'autre part d'une augmentation du nombre d'entreprises exportatrices, qui a progressé de 3,1% pour s'établir à 125.000.

Avec les évolutions de 2015, le gouvernement reste néanmoins loin de l'objectif qu'il s'était fixé en 2012 de ramener à zéro le déficit commercial hors énergie au terme du quinquennat.

Dans une étude rendue publique jeudi, l'institut COE-Rexecode évoque une stabilisation en 2015 de la part des exportations françaises dans le commerce mondial, mais "sans début de rattrapage" des parts de marché perdues depuis 1999.

Ce rapport, qui souligne une amorce de rétablissement de la compétitivité, en particulier grâce au CICE et au pacte de responsabilité, insiste sur la nécessité de maintenir les efforts pour qu'une inflexion se confirme.

édité par Yann Le Guernigou

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