La règle des 3% à nouveau à l'épreuve dans la zone euro

jeudi 4 février 2016 19h08
 

BRUXELLES (Reuters) - Près de la moitié des pays de la zone euro, dont la France, sont menacés d'un affrontement avec l'exécutif européen autour des règles de réduction des déficits publics, à moins de modifier leurs politiques, si l'on en croit les prévisions de la Commission européenne publiées jeudi.

Ces dernières prévisions mensuelles, gonflées par la crise des migrants et la faiblesse de la croissance, remettent en question la viabilité des limites imposées en matière de dépenses publiques afin de protéger le taux de change de l'euro.

Ces règles, qui ont été resserrées à la suite de la crise de la dette souveraine qui a menacé la survie de la devise européenne, sont aujourd'hui sous pression avec la crise des migrants qui pèse sur les finances publiques de plusieurs pays.

Les gouvernements font également valoir qu'ils doivent dépenser davantage pour assurer la sécurité à la suite des attaques du 13 novembre à Paris et beaucoup d'entre eux disent qu'ils ont besoin de puiser dans les caisses de l'Etat pour stimuler la demande intérieure et soutenir la croissance.

Malgré cela, la réglementation européenne oblige les gouvernements à maintenir un déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB) et à réduire chaque année le déficit structurel, hors impact des cycles économiques et des événements exceptionnels, jusqu'à l'équilibre structurel.

S'ils n'y parviennent pas, ils sont soumis à une procédure disciplinaire dans laquelle les ministres des Finances fixent des objectifs de réduction du déficit, assortis d'échéances. Le processus peut déboucher in fine sur une amende à verser.

Pour la France, la Commission européenne prévoit un déficit public à 3,4% du PIB cette année, puis à 3,2% en 2017, alors que la France a pour objectif 3,3% en 2016 et s'est engagée à la ramener sous 3,0% l'an prochain.

LE SUD DE L'EUROPE PAS SEUL EN CAUSE   Suite...

 
Près de la moitié des pays de la zone euro, dont la France, sont menacés d'un affrontement avec l'exécutif européen autour des règles de réduction des déficits publics, à moins de modifier leurs politiques, si l'on en croit les prévisions de la Commission européenne publiées jeudi. /Photo prise le 12 janvier 2016/REUTERS/François Lenoir