Le "Brexit", un cauchemar plus qu'un rêve pour la place de Paris

jeudi 4 février 2016 14h25
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Paris peut-il remplacer Londres comme capitale financière de l'Union européenne à la faveur d'un "Brexit" ?

Cette question n'agite guère la place de Paris, tant ses banquiers et financiers doutent qu'ils aient grand chose à y gagner si les électeurs britanniques choisissent de sortir de l'Union européenne. Au contraire.

"Un 'Brexit' dur, de rupture, ferait mal aux Britanniques, certainement, mais ce qui est navrant pour nous, c'est que nous ne récupérerions pas l’activité qu’ils perdraient", explique à Reuters Pierre de Lauzun, délégué général de l’Association des marchés financiers (AMAFI).

"Ce ne serait donc pas un jeu à somme nulle, mais à somme assez négative", poursuit-il convaincu "qu'une partie importante de l’activité resterait à Londres à cause du savoir-faire, de la présence des investisseurs, de l'ouverture mondiale que les autres places n'ont pas du tout à ce degré".

A moins de cinq mois du 23 juin, date pressentie pour le référendum, l'issue du scrutin apparaît de plus en plus incertaine : certains sondages, comme celui publié dimanche par l'institut YouGov, donnent une légère avance (42% comme 38%), aux partisans d'une sortie de l'Union.

Cette étude, dont les résultats ont contribué à peser sur le cours de la livre lundi, a été publiée avant même le rejet par les eurosceptiques des propositions de réforme présentées par le Conseil européen pour prévenir un départ du Royaume-Uni.

The Sun, le tabloïd détenu par l'influent magnat des médias Rupert Murdoch, a qualifié mercredi le compromis de "tas de fumier fumant", laissant présager une âpre campagne durant laquelle la finance européenne n'aura aucune assurance sur l'emplacement futur de sa capitale.

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Paris peut-il remplacer Londres comme capitale financière de l'Union européenne à la faveur d'un "Brexit" ? Cette question n'agite guère la place de Paris, tant ses banquiers et financiers doutent qu'ils aient grand chose à y gagner si les électeurs britanniques choisissent de sortir de l'Union européenne. Au contraire.   /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville