Avec Renault, Wuhan, la Detroit chinoise, se dote d'une 9e usine

lundi 1 février 2016 11h26
 

par Gilles Guillaume

WUHAN, Chine (Reuters) - "Il neige sur Wuhan, c'est un bon présage." Zhao Wei, du service des achats de la nouvelle usine chinoise de Renault, aurait sans doute trouvé un autre symbole si les conditions météorologiques avaient été différentes pour l'inauguration du site.

Dans la tradition chinoise, tout est affaire de porte-bonheur, jusqu'aux noms propres dont on attend qu'ils envoient un message positif. Et ce quadra espère que l'arrivée de Renault - en Chinois "Lei Nuo", promesse de tonnerre - fera grand bruit et continuera à métamorphoser la ville où il a grandi.

Surnommée la Detroit chinoise en référence à l'ancien coeur de l'industrie automobile américaine, Wuhan a derrière elle 150 ans d'histoire industrielle, mais sa mue s'est accélérée récemment avec le boom automobile chinois, faisant d'elle l'un des principaux centres de production de véhicules au monde.

"En douze ans, le changement a été énorme", résume ce futur papa d'un deuxième enfant, comme l'autorise désormais la législation chinoise. "L'endroit était désert, avec des champs abandonnés. Maintenant, il y a beaucoup de résidences construites, ou en cours de construction."

Wuhan reste une ville en chantier. L'affichage public portant le slogan "une ville chaque jour différente" peut se lire au sens propre comme au figuré. De nombreux blocs d'immeubles, souvent d'au moins une vingtaine d'étages, continuent de sortir de terre un peu partout, et tous les véhicules qui circulent autour de l'aéroport en portent les traces poussiéreuses.

Même si, à l'aune du pays, ce n'est qu'une agglomération de deuxième catégorie, l'ancien carrefour commercial du fleuve Yangtze compte aujourd'hui plus de dix millions d'habitants, dont une partie significative travaille directement ou indirectement dans l'automobile.

En 2015, la ville a produit 1,8 million de véhicules grâce à Honda Dongfeng, General Motors et aux trois usines de PSA Peugeot Citroën, soit en tout huit sites d'assemblage, et maintenant neuf avec Renault.

C'est autant que la production totale de toutes les usines françaises réunies - Renault, PSA, Toyota et Smart - en 2014, dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles.   Suite...

 
Le PDG de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, à Wuhan, lors de l'inauguration lundi de la première usine en Chine de la marque au losange. /Photo prise le 1er février 2016/REUTERS/Darley Shen