ATR réduit ses ambitions face à des vents contraires

jeudi 21 janvier 2016 13h53
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - ATR, constructeur d'avions de 50 à 90 places, a annoncé jeudi qu'il n'atteindrait pas son rythme de croisière d'une centaine de livraisons par an en 2016 comme prévu, se donnant deux ans supplémentaires pour y parvenir.

Le spécialiste d'avions régionaux à hélices, dont le principal argument de vente est leur faible consommation en carburant, a également manqué son objectif de commandes pour 2015 sous le coup de la baisse des prix du brut.

La coentreprise à parité entre Airbus Group et l'italien Finmeccanica vise une centaine des commandes fermes en 2016 contre 76 l'an passé, loin de son record de 160 avions inscrit en 2014 lorsque le prix du pétrole était beaucoup plus élevé, a déclaré son président exécutif Patrick de Castelbajac lors d'une conférence de presse.

ATR compte livrer plus de 90 avions cette année contre 88 avions en 2015 et non plus une centaine, comme il le prévoyait l'an passé.

"C'est plus raisonnable de dire aujourd'hui qu'on va essayer de réduire un peu la voilure, de laisser passer un peu la bourrasque au Brésil et en Asie pour ensuite avancer", a expliqué Patrick de Castelbajac à Reuters à l'issue de la conférence de presse.

"Il faudra plutôt attendre 2018 pour arriver là", au rythme annuel de 100 livraisons, a-t-il ajouté. "Mais cela dépend du marché : si l’Inde explose, si la Chine ou les Etats-Unis s'ouvrent, on serait obligé de remonter".

ATR compte ainsi s'imposer aux Etats-Unis - en faisant accepter l'idée que les turbopropulseurs ne sont pas des avions d'antan - et est attentif à l'ouverture du marché en Iran, a précisé Patrick de Castelbajac lors de la conférence de presse.

Mais pour ne rien arranger, ATR souffre de retards de "quelques semaines", qui devraient toutefois être résorbés d'ici quelques mois.   Suite...

 
ATR, le spécialiste des avions régionaux à hélices, annonce  76 commandes fermes pour 2015, en deçà de son objectif de 90 unités. La coentreprise à parité entre Airbus Group et l'italien Finmeccanica a livré 88 avions l'an passé (contre un objectif lui aussi de 90 unités). /Photo d'archives/REUTERS/Pichi Chuang