La pression monte encore sur Casino sous la menace de S&P

lundi 18 janvier 2016 18h15
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - La pression est encore montée d'un cran sur Casino, menacé par l'agence de notation Standard & Poor's d'une dégradation de sa dette en catégorie spéculative malgré de nouvelles cessions d'actifs décidées la semaine dernière pour accélérer son désendettement.

S&P a placé sous surveillance négative les notes de crédit de Casino, menaçant de faire passer sa dette, actuellement notée BBB-, dans la catégorie des obligations à haut risque pour cause de forte dégradation des résultats du groupe au Brésil et de contraintes financières liées à un endettement élevé et à une structure complexe.

Cette annonce a fait replonger le titre, qui a décroché de 8,44% à 36,655 euros en clôture, accusant une chute de 13,58% depuis le début de l'année, après un plongeon de 45% en 2015.

La capitalisation de Casino représente désormais moins d'un quart de celle de son grand rival français Carrefour.

La dette obligataire de Casino a aussi été lourdement sanctionnée tandis que la prime sur le swap de défaut de crédit (CDS) à cinq ans a bondi de 100 points de base à 535 points, correspondant à une probabilité implicite de défaut à cet horizon de 36%.

Un spécialiste de la dette à haut rendement d'un fonds spéculatif a estimé que l'initiative de S&P était "clairement destinée à tenir compte des faiblesses identifiées dans le rapport de Muddy Waters".

L'enjeu est majeur pour Casino qui "doit garder la confiance de toutes les parties prenantes et notamment des agences de notation", soulignent les analystes de Natixis.

Pour y parvenir, le distributeur devra faire la preuve de sa capacité à redresser sa rentabilité en France et obtenir de bons prix pour ses actifs asiatiques promis à la vente.   Suite...

 
Standard & Poor's a placé sous surveillance négative les notes de crédit de Casino, menaçant de faire passer la dette du groupe de distribution dans la catégorie des obligations spéculatives pour cause de forte dégradation des résultats du groupe au Brésil et d'endettement élevé. /Photo prise le 14 janvier 2016/REUTERS/Eric Gaillard