Nouvelle donne pour le pétrole avec le retour de l'Iran

dimanche 17 janvier 2016 17h13
 

NEW YORK/SINGAPOUR/LONDRES (Reuters) - Le retour du pétrole iranien sur le marché mondial devrait en toute logique faire encore descendre les cours sous la barre des 30 dollars le baril lundi, mais la nouvelle a été tellement anticipée que la réaction pourrait être somme toute limitée, disent des intervenants du marché.

Les sanctions internationales avaient réduit les exportations iraniennes de brut à un filet d'environ un million de barils par jour (bpj), soit deux millions de moins que leurs pics de 2011 avant la crise nucléaire.

Les signaux donnant à penser que les sanctions seraient levées plus tôt que prévu ont contribué à la chute des cours depuis le début de l'année. Le Brent de mer du Nord a perdu 24% depuis le 1er janvier, sa plus forte baisse depuis la crise financière de 2008.

L'Iran entend augmenter ses exportations d'environ un million de bpj dans l'année qui vient et la plupart des analystes prévoient une hausse de 200.000 à 500.000 bpj dès les six premiers mois suivant la levée des sanctions.

"L'Iran est maintenant libre de vendre autant de pétrole qu'il veut à qui il veut et au prix qu'il pourra obtenir", dit Richard Nephew, professeur à l'Université de Columbia et spécialiste des politiques énergétiques mondiales.

Pour autant, la plupart des analystes n'attendent pas de réaction démesurée à la réouverture des marchés dimanche à 23h00 GMT, d'autant que la journée de lundi sera fériée aux Etats-Unis avec le Martin Luther King Day.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a chuté de près de 6% vendredi à 29,42 dollars, sa première clôture sous les 30 dollars depuis 2003.

"La levée des sanctions contre l'Iran était attendue depuis longtemps et, pour moi, elle est intégrée dans les cours. Il y aura peut-être une petite réaction épidermique à l'ouverture du marché mais je doute qu'il y ait un effet plus durable", déclare Amrita Sen, du cabinet de conseil Energy Aspects.

Certains traders anticipent même un rebond, le marché "achetant le fait" après avoir vendu la nouvelle, surtout si les opérateurs baissiers décident de prendre leur profit. Les positions courtes de gros fonds ont plus que doublé sur les futures à New York avec 200.000 contrats depuis la mi-octobre, quand le baril de brut valait près de 50 dollars.   Suite...

 
Le retour du pétrole iranien sur le marché mondial devrait en toute logique faire encore descendre les cours sous la barre des 30 dollars le baril lundi, mais la nouvelle a été tellement anticipée que la réaction pourrait être somme toute limitée, selon des intervenants du marché. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau