January 15, 2016 / 11:35 AM / in 2 years

Air France referme la parenthèse de son "plan B"

5 MINUTES DE LECTURE

Air France a abandonné son "plan B" présenté le 5 octobre lors d'un comité central d'entreprise qui avait conduit à des violences, selon des sources syndicales. La compagnie aérienne prévoit désormais un nouveau plan de départs volontaires excluant les licenciements secs et compte augmenter sa flotte long-courrier d'ici 2020 avec l'entrée d'A350 d'Airbus et de 787 de Boeing. /Photo prise le 2 octobre 2015/

PARIS (Reuters) - Air France a annoncé vendredi que sa flotte long-courrier rattraperait en 2019 son niveau de 2014, refermant la parenthèse de son "plan B" de l'automne dernier qui prévoyait au contraire un recul de son activité.

La filiale d'Air France-KLM, adoptant une approche plus consensuelle avec les syndicats après une année 2015 tourmentée, a promis de lâcher du lest sur des demandes d'efforts au personnel dans un contexte moins tendu pour le trafic aérien, notamment grâce à la baisse des prix du pétrole.

La compagnie française reste toutefois en décalage avec les perspectives de croissance du trafic international, déjà en hausse de 6,8% en rythme annuel sur janvier-novembre 2015, selon l'Association internationale du trafic aérien (Iata).

"Nous avons aujourd'hui la possibilité de rendre les efforts plus progressifs et de les inscrire dans une perspective négociable de façon plus réaliste et plus pertinente", a déclaré Gilles Gateau, le nouveau directeur des ressources humaines nommé début janvier.

L'ancien conseiller du Premier ministre Manuel Valls a fait un sort à certaines mesures défendues par son prédécesseur, qui avait vu sa chemise arrachée en octobre 2015 lors d'échauffourées en marge d'un comité central d'entreprise (CCE) présentant un "plan B" lesté de 2.900 suppressions de postes.

Un millier de postes seront bien supprimés pour l'année 2016, dont le programme d'activité est déjà établi, mais le reste n'est plus d'actualité, tout comme la menace de licenciements secs.

Oubliée aussi la demande pressante faite au personnel de réaliser 17% de gains de productivité d'ici fin 2017. Un nouvel objectif avec un nouveau délai seront fixés ultérieurement, a précisé Gilles Gateau à des journalistes.

A la place, Air France propose de regarnir sa flotte long courrier qui devrait passer de 104 avions en 2017 à 107 en 2019, soit un niveau au final inchangé en cinq ans. Elle progressera ensuite encore pour atteindre 109 appareils en 2020.

La nouveauté consiste à l'ajout de 16 Airbus A350 et 787 Boeing flambant neufs d'ici 2020, en partie compensé par la sortie de la flotte d'avions plus anciens.

La flotte de la low cost Transavia France devrait, elle, atteindre 40 avions en 2020 contre 26 cette année.

Accueil mitigé Des Syndicats

Béatrice Lestic, secrétaire générale de la CFDT d'Air France, l'un des principaux syndicats au sein de la compagnie, a dit apprécier l'abandon du délai, de facto caduc, qui avait été fixé pour la conclusion des négociations ce mois-ci.

"On y va un peu plus en douceur parce que la conjoncture le permet", se félicite-t-elle. "Il fallait que ça s’arrête : on était enfermé dans un cercle vicieux".

Les syndicats ont toutefois accueilli sans enthousiasme démesuré ce nouveau revirement de la direction, après trois ans de plans de départs volontaires et de gels de salaires.

"Quelle déception. On a l'impression que la direction a ré-enclenché la division entre personnel au sol et navigants", a regretté Didier Fauverte, secrétaire général CGT du CCE.

Si tous les salariés auront droit à des primes d'intéressement et de participation cette année, le personnel au sol ne se voit garantir que l'absence de licenciements secs d'ici le 30 juin 2018, assortie d'un nouveau plan de départ de volontaire courant jusqu'à avril 2017.

Pour les hôtesses et stewards, dont l'accord collectif court jusqu'en octobre, le nouveau DRH espère commencer à négocier cet été sur les rémunérations, en promettant une accélération des promotions, mais pas d'embauches avant 2020.

Les pilotes, à l'origine de la grève qui avait paralysé Air France pendant 15 jours en septembre 2014, se voit, eux, proposer des négociations portant sur l'avancement de leur carrière et la possibilité d'embauches dès 2017.

Mais pour Véronique Damon, secrétaire générale du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), cette dernière proposition est en fait en trompe-l'oeil : il s'agira en fait de compenser en partie des pénuries d'effectifs qui ont provoqué l'annulation de plusieurs vols fin 2015.

Gilles Gateau a incité les pilotes à ne pas tarder à engager de "vraies" négociations : c'est en mars que sera fixé le programme des formations pour 2017 qui déterminera les avions pouvant être exploités par Air France l'an prochain.

"Il y a là une horloge qui tourne et si on laisse passer le coche, on laisse passer un an avant de faire entrer dans la flotte un 787", a-t-il souligné.

Se défendant de tout ultimatum ou menace envers les pilotes, il a aussi rejeté l'idée d'une différence de traitement entre catégorie de personnels, y voyant un "effet d'optique".

Certains emplois au sol sont liés au nombre d'avions exploités ou à l'activité de maintenance (en forte croissance), mais d'autres sont rattachés à des fonctions fixes, au siège par exemple, et ne varient pas en fonction des l'activité de la compagnie, a-t-il expliqué.

Edité par Gilles Guillaume

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