14 janvier 2016 / 13:05 / il y a 2 ans

Inflation et croissance faibles en zone euro pour deux ans

Une inflation très faible et une croissance modeste seront probablement les principales caractéristiques de l'économie de la zone euro jusqu'à la fin de l'an prochain au moins, montre une enquête de Reuters, mais les économistes jugent peu probable que la Banque centrale européenne (BCE) augmente ses achats mensuels de titres sur les marchés. /Photo d'archives/REUTERS/Nacho Doce

(Reuters) - Une inflation très faible et une croissance modeste seront probablement les principales caractéristiques de l‘économie de la zone euro jusqu‘à la fin de l‘an prochain au moins, montre une enquête de Reuters, mais les économistes jugent peu probable que la Banque centrale européenne (BCE) augmente ses achats mensuels de titres sur les marchés.

Menée auprès de plus de 100 économistes au cours de la semaine écoulée, cette enquête montre que la croissance dans la zone euro devrait être de 0,4% sur chacun des trimestres jusqu‘au premier trimestre 2017, soit un dixième de point seulement au-dessus de la croissance enregistrée au troisième trimestre de l‘an dernier.

Sur l‘ensemble de l‘année, la croissance est attendue à 1,5% en moyenne. Un chiffre acceptable au vu des standards européens mais considéré comme trop faible pour permettre une baisse marquée du chômage et une remontée sensible de l‘inflation.

“La croissance devrait s‘accélérer progressivement, faisant baisser le taux de chômage et au final, faisant remonter l‘inflation. L‘amélioration devrait toutefois être très progressive et trop lente pour être satisfaisante”, écrit ainsi Louis Harreau, économiste de Crédit agricole, dans une note.

Il estime cependant que la BCE ne devrait pas prendre de nouvelles mesures d‘assouplissement de sa politique monétaire, expliquant que “l‘efficacité des mesures augmente avec l‘assouplissement mais à un rythme lent, alors que leurs effets négatifs augmentent plus rapidement”.

De nombreux responsables de la banque centrale sont sceptiques quant à la nécessité de nouvelles mesures à court terme, selon des informations exclusives de Reuters.

PRÉVISIONS D‘INFLATION EN BAISSE

Jusqu‘à présent, la BCE a racheté pour 600 milliards d‘euros de titres souverains et elle a abaissé son taux de dépôt à -0,3% pour décourager les banques d‘accumuler les liquidités et les encourager à prêter.

Mais en dehors d‘une légère accélération du crédit aux entreprises et aux ménages et d‘une stabilisation de la croissance, cette politique a eu peu d‘effets notables à ce jour. L‘inflation, à 0,2% en rythme annuel en décembre, reste ainsi très loin de l‘objectif de la BCE, à savoir un taux proche de 2%.

L‘enquête montre que l‘inflation devrait être de 0,6% seulement au premier trimestre, donc nettement inférieure au taux de 0,9% attendu dans l‘enquête équivalente du mois dernier.

La hausse des prix à la consommation dans la zone euro devrait être de 0,9% sur l‘ensemble de 2016 selon la moyenne des prévisions, puis de 1,5% en 2017, un taux légèrement en retrait par rapport à la prévision de la BCE (1,6% pour 2017).

Malgré cela, les économistes estiment à 30% seulement, contre 40% en décembre, la probabilité de voir la BCE augmenter au cours des six prochains mois le montant mensuel de ses achats de titres sur les marchés.

Ce recul traduit le pessimisme de plus en plus net, chez les économistes, quant à la capacité de Mario Draghi, le président de la banque centrale, à faire voter un assouplissement de la politique monétaire par le Conseil des gouverneurs.

Les divergences fortes entre les situations économiques des pays de la zone euro risquent de compliquer la tâche de la BCE.

Ainsi l‘Allemagne, qui a bénéficié en 2015 de sa plus forte croissance depuis quatre ans selon la première estimation publiée, entame 2016 sur des bases solides en dépit du ralentissement de la Chine et du Brésil, deux de ses principaux débouchés.

La France, elle, devrait enregistrer une croissance stable à 1,4% cette année et l‘Italie, troisième économie de la région, devrait se contenter d‘une reprise atone.

avec les bureaux européens de Reuters, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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