January 11, 2016 / 10:20 AM / 2 years ago

A Detroit, l'automobile célèbre une révolution qui reste à faire

5 MINUTES DE LECTURE

Le salon de l'automobile ouvre ses portes lundi à Detroit. Barack Obama, qui s'y rendra le 20 janvier, devrait se féliciter des changements qu'a connus le secteur aux Etats-Unis depuis son sauvetage financier par l'Etat fédéral en 2009. Pour autant, le marché est encore loin de l'essor des transports verts dont il rêvait à l'époque. /Photo prise le 9 janvier 2016/Rebecca Cook

DETROIT (Reuters) - Lorsque Barack Obama se rendra au salon automobile de Detroit le 20 janvier, un an jour pour jour avant la fin de sa présidence, il devrait se féliciter des changements qu'a connus le secteur aux Etats-Unis depuis son sauvetage financier par l'Etat fédéral en 2009. Pour autant, le marché est encore loin de l'essor des transports verts dont il rêvait à l'époque.

"Nous avons dit que le secteur automobile devrait vraiment changer, pas seulement prétendre qu'il l'a fait", a ainsi déclaré le président samedi dans son allocution radio-télé hebdomadaire, consacrée au salon de Detroit.

Les trois grands constructeurs américains sont certes en très bonne santé financière après une année 2015 marquée par des ventes et des profits record aux Etats-Unis, mais les véhicules électriques et hybrides n'y sont pour rien, le marché restant porté par les pick-up et les SUV ("sport utility vehicles") à la faveur de la chute des prix à la pompe.

Chez General Motors, pick-up et SUV ont ainsi représenté quasiment 70% des ventes l'an dernier. Et parmi les modèles dévoilés ce lundi figurent les nouvelles versions du pick-up vedette de Nissan, le Titan, et de celui de Honda, le Ridgeline.

Fiat Chrysler Automobiles, lui, présentera à Detroit la nouvelle déclinaison du monospace Pacifica, vendu certes dans une version hybride mais dont la motorisation essence devrait représenter l'essentiel des ventes. Et plusieurs modèles haut de gamme, donc gourmands en carburant, sont attendus au salon, comme la nouvelle Lincoln Continental de Ford ou la Hyundai G90, la nouvelle grande berline du constructeur sud-coréen.

Plus largement, alors que Barack Obama a fait de la réduction de la consommation de carburants fossiles l'un des piliers de sa politique en matière d'énergie et d'environnement, les ventes de voitures peu ou pas émettrices de gaz à effet de serre demeurent très faibles.

Alors que le président visait en 2011 un million de véhicules électriques sur les routes américaines à l'horizon 2015, il ne s'en est écoulé depuis que 490.000 environ, dont 115.000 en 2015, un chiffre en baisse de 6% par rapport à 2014. Et les constructeurs ont été contraints de baisser les prix et les prévisions de ventes de ces modèles.

La Voiture Autonome, Un rêve Et Un Risque

Il reviendra au successeur d'Obama de décider du maintien ou non de l'objectif de réduction de la consommation moyenne d'essence à 54,5 miles par gallon (environ 4,3 litres aux 100 km) à l'horizon 2025. Si elle a diminué ces toutes dernières années, la consommation moyenne des voitures neuves vendues sur le marché américain reste en hausse par rapport à son niveau d'octobre 2007, à 24,9 miles par gallon en décembre dernier selon l'institut de recherche sur les transports de l'université du Michigan.

Ford présentera à Detroit la nouvelle version de son modèle de milieu de gamme Fusion, censé refléter les efforts du groupe en matière de respect tant des exigences réglementaires que des attentes du marché. La Fusion 2017 sera ainsi déclinée dans une motorisation hybride rechargeable aussi bien que dans une version Sport dotée d'un moteur bi-turbo de 325 chevaux.

L'autre grand sujet du salon sera naturellement la voiture connectée, qui a déjà accaparé une bonne part des conversations la semaine dernière au salon électronique CES à Las Vegas.

Symbole de cette évolution, vue comme un prélude à l'ère de la voiture autonome, la nouvelle Mercedes Classe E sera équipée de technologies d'assistance à la conduite si avancées qu'il ne suffira que de quelques mises à jour logicielles pour lui permettre de rouler sans que le conducteur ait à poser les mains sur le volant, assurent des dirigeants de la marque allemande.

Les spécialistes prédisent désormais l'essor de la voiture autonome d'ici cinq à 20 ans. Un décollage qui pourrait ouvrir une nouvelle période de crise pour les constructeurs traditionnels et leurs salariés, a estimé dimanche Brian Johnson, analyste spécialisé de Barclays.

Si les voitures autonomes et partagées deviennent la norme, a-t-il expliqué, cela pourrait se traduire à terme par une chute de 60% du nombre de véhicules sur les routes et par une diminution d'un tiers du nombre d'usines d'assemblage de voitures de tourisme d'ici 2025 ou 2030.

Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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